Le 4e grand cru classé de Saint-Estèphe mène des essais en bio et biodynamie depuis 2010, accentués en 2015, et couronnés par une conversion de la totalité des 40 ha de vignoble en 2016. Le ressenti de Basile Tesseron.

Déjà appliquée sur 30 ha en 2015, la culture biologique a été étendue à la totalité des 40 ha de Lafon-Rochet en 2016. Mais Basile Tesseron le concède, le bio n’est pas forcément évident dans un millésime tel que 2016. « Le mois de juin a été compliqué, il a énormément plu. Mi-juin, on a dû faire un seul traitement, par peur de perdre la récolte. Ayant déjà perdu une fois et demie la récolte entre 2011 et 2013 du fait de conditions climatiques difficiles, on ne pouvait pas se permettre de pertes. On est repartis pour trois ans avant d’avoir la certification. » Cela montre-t-il les limites du bio ? « Certainement, constate Basile Tesseron. Et pourtant on était bien préparés. » Mais renoncer au bio n’est pas envisageable pour le propriétaire. « On y croit profondément. C’est une solution temporaire qui est bonne, même si elle n’est pas suffisante à long terme. Il faut aller plus loin, réduire les intrants et notre consommation de fioul, ce n’est pas normal de devoir passer aussi souvent dans les vignes. A terme il faut arrêter de traiter pour préserver notre magnifique terroir pour les générations futures. » Un impact constaté de cette démarche plus bio sur ce 2016 ? « A mon avis, l’impact qualitatif n’est pas lié à un passage en bio mais à une meilleure interprétation du pied de vigne. On est plus alertes, on observe les ceps, on le voit évoluer, on regarde les terroirs… C’est ça qui fait la différence aujourd’hui. » Si ce 2016 est « l’une des plus belles bouteilles qu’on ait jamais produites, à Lafon-Rochet on a coutume de dire que  » le meilleur est à venir  », alors… ! »