D’après le directeur du 5e grand cru classé de Pauillac, Vincent Bache-Gabrielsen, le millésime s’est avant tout joué à la vigne, où il a fallu mener une lutte sans relâche contre le mildiou. Ses explications.

Sur la propriété de 50 ha, dont 25% exploités en bio et 25% en biodynamie, « globalement, on a déjà connu sur certains millésimes un mildiou menaçant, mais jamais une telle pression en termes de niveau et de continuité, ininterrompue dès le débourrement et jusqu’à fin juillet. Pour le combattre, il a fallu courir partout, avec une grosse intensité de travail dans le vignoble. Notamment sur nos parcelles en bio et biodynamie, on a dû déployer une forte fréquence de passage et des doses de cuivre cumulées relativement importantes, mais on a réussi peu ou prou à préserver le potentiel de récolte. On a fait des comparatifs sur des parcelles exploitées en raisonné, bio et biodynamie, et en termes de pertes de récolte, les trois modes de culture étaient finalement assez similaires. Le choix du timing de récolte a également été déterminant pour conserver la fraîcheur aromatique et l’acidité, tout en ayant des tanins mûrs. C’était un challenge qui n’était pas évident cette année, sans avoir des alcools qui s’envolent. Sur ce 2018, ce que je trouve intéressant, c’est cette fraîcheur aromatique, avec des fruits frais, une acidité ressentie, un degré d’alcool qui n’est pas omniprésent, et une qualité de tanins, doux et suaves, qui fait que les vins sont déjà très appréciables jeunes. C’est un profil de vins très étiré, avec de la fraîcheur et de la longueur, ce qui, pour moi, signe vraiment la race d’un grand millésime. »