(photo Vinexpo / Hervé Lefebvre)
(photo Vinexpo / Hervé Lefebvre)

Quelque 1.300 exposants provenant de 33 pays, et 195.000 bouteilles à déboucher sur trois jours : Vinexpo s’est ouvert mardi à Hong Kong sur un regain d’optimisme face aux signaux de reprise du marché chinois.

Grand messe annuelle des professionnels des vins et spiritueux, le salon se tient en alternance à Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, et dans l’ex-colonie britannique.

Lors de la dernière édition hongkongaise, les acteurs de la filière s’inquiétaient du recul de la consommation et des importations du premier marché asiatique, conséquence notamment d’une campagne d’austérité des autorités chinoises et de mesures anti-corruption pour restreindre la pratique consistant à offrir vins et alcools haut de gamme.

Après une progression fulgurante jusqu’en 2012, le marché chinois s’était subitement ralenti. Et les exportateurs étrangers avaient trinqué.

« On revient à Hong Kong avec beaucoup plus de confiance parce qu’en 2014, on avait beaucoup d’incertitude par rapport à la politique d’austérité décidée par le gouvernement et à une situation économique qui n’était pas excellente », explique à l’AFP le directeur général de Vinexpo, Guillaume Deglise. Mais le marché chinois, explique-t-il, « commence à mûrir ».

Illustration de cette reprise, les ré-exportations hongkongaises vers la Chine, ont progressé en valeur de 171, 6% en 2015, après avoir reculé de 17, 4% en 2013, selon le Conseil hongkongais pour le développement du commerce (HKTDC).

Les Chinois ne recherchent plus uniquement les produits de luxe mais regardent toutes les gammes de prix, selon M. Deglise.

« Le marché chinois est toujours en croissance, mais celle-ci n’est plus aussi forte, et les consommateurs chinois ne veulent plus dépenser à outrance », explique l’experte sud-coréenne basée à Hong Kong Jeannie Cho Lee, qui parle d’une « bulle en 2010 et 2011 ».

« Si les prix sont montés si haut, ce n’est pas parce que la demande des consommateurs était si forte », poursuit celle qui fut en 2008 la première Asiatique désignée « Master of Wine », distinction britannique de référence dans le monde du vin. « C’est parce que les importateurs étaient exagérément optimistes. »

Aujourd’hui, « Hong Kong est plus que jamais la porte d’entrée sur les marchés asiatiques, et pas uniquement chinois », explique M. Deglise.

Vinexpo offre aux producteurs et négociants une occasion précieuse de rencontrer leurs clients, les distributeurs, importateurs, détaillants et sommeliers.

Fermées au grand public, les allées du salon devraient être foulées par 17.000 visiteurs en trois journées, au cours desquelles un total de 195.000 bouteilles seront débouchées, selon les organisateurs, qui ont mis cette année l’Italie à l’honneur.