En marge de Vinexpo, le salon « Renaissance des Appellations », réunissant à L’Espace Darwin des vignerons biodynamistes, est devenu une référence.

Dès l’ouverture à 10h, le lundi 18 juin, les amateurs se sont rués sur le stand du Domaine Leroy (et d’Auvenay) où Lalou Bize-Leroy faisait goûter son Richebourg. Avec plus de 80 printemps, sa quarantaine de kilos toute mouillée et ses talons hauts, la vedette bourguignonne de la biodynamie continue de faire le job. Respect. Car la première raison du succès de ce salon tient en ce supplément d’âme qu’on appelle l’amour du terroir et des vins qui y naissent. « Maintenant, tous les vignerons qui pratiquent la biodynamie veulent nous rejoindre, car cette association (www.renaissance-des-appelations.com) crée du lien autour d’une philosophie qui consiste à ce que le consommateur sache ce qu’il a dans son verre », souligne l’un des pionniers de ce club, Paul Barre de Fronsac.

Les vignerons étrangers sont aussi de la partie – d’Italie, d’Espagne, de Suisse, etc. – venus profiter de la synergie de Vinexpo pour ce Off. Du salon en lieu et place d’Angers jusqu’à Bordeaux en marge de Vinexpo, l’association qui a vu le jour à la fin des années 90 a fait du chemin. Nicolas Joly et consorts avaient raison ! Même le Président du Conseil des Grands Crus Classés 1855 Philippe Castéja, à l’occasion du dîner de la presse internationale au Château Latour, a parlé de la biodynamie comme un élément de progrès. Thomas Duroux, le directeur du Château Palmer en biodynamie, en a souri de plaisir. Nous y sommes. C’est le sens de l’Histoire.

Alors, ceux qui n’ont pas attendu le 32 août pour entrer en résistance sont le plus souvent récompensés. « La vie est belle ! », résume Stéphane Tissot (ci-dessus), qui prend un plaisir fou à faire goûter des merveilles de vins jurassiens. Même approche chez le vigneron Jean-Paul Daumen du Domaine La Vieille Julienne, une pépite de Châteauneuf-du-Pape : « Nos vins se vendent bien mais j’aime participer à ce salon pour expliquer mes vins a une clientèle de connaisseurs, une clientèle de relais ». De fait, ce ne sont plus les punks à chiens ou les rasta rockets qui nourrissent les travées des salons bio. « On est passé du roots à une clientèle bobo », s’amuse Morgane Fleury des champagnes du même nom.

En cela, le choix de l’Espace Darwin n’est plus un hasard, cette sorte de campus à start up sur le modèle californien qui participe à l’émancipation de Bordeaux, plus encore des vins de Bordeaux. En ce lieu souffle un vent de matière grise et de consommation engagée. De cette réussite du salon transpire une prise de conscience. « Cette association a fait bouger les choses », souligne Matthieu Cosse, venu représenter ses vins de Cahors. Même le verre à dégustation est « engagé ». Élaboré en Slovaquie, il est en cristal d’un seul tentant sans points de colle pour éviter les produits chimiques. « Il a été testé par Nicolas Joly et Lalou Bize-Leroy avant de lancer la fabrication », explique Laurence Desoulière qui est à la tête de cette jeune entreprise, Unit Verre (www.unitverre.com), avec pour associée la bouillante vigneronne du Château Lassolle (Côtes du Marmandais), Stéphanie Roussel. La révolution fulgurante du vin est en marche ; les historiens en prendront la mesure à l’échelle de l’histoire du vin.