Thomas Vivant a fait une longue halte sur le stand des Vinifilles.
Thomas Vivant a fait une longue halte sur le stand des Vinifilles.

Pendant trois jours, venus de France ou d’ailleurs, de nombreux sommeliers vont arpenter les allées du salon montpelliérain. Voici le bilan de leurs commentaires de dégustation à l’issue de ce premier jour.

Ce dimanche, Thomas Vivant était matinal ! Sommelier-formateur au lycée hôtelier de Chamalières, dès son arrivée il a mis le cap sur le stand des Vinifilles. « Chaque année, avec mes élèves, nous venons à leur rencontre en Languedoc-Roussillon. Mais le groupe s’étoffe et il y a aussi les nouveaux millésimes à déguster. » Son coup de cœur est allé à un vin de l’appellation Saint-Chinian, la cuvée Elise 2014 du château La Dournie animé par Véronique Etienne. « En fait, c’est plutôt une confirmation. Je l’ai goûté et apprécié à plusieurs reprises mais je trouve que sur ce millésime il exprime plus que d’habitude son terroir. La syrah majoritaire à 90% respire le schiste. Une minéralité qui s’accompagne d’un caractère légèrement animal. » Dans un autre registre, le professionnel auvergnat s’avoue conquis « par l’IGP Cévennes. L’ensemble de la gamme des vins du Mas Seren d’Emmanuelle Schoch est marqué par une touche saline donne fraîcheur et longueur en bouche. Des vins plaisants à boire et très digestes ! »

Un (bon) Vivant peut en cacher un autre ! Et Jean-Philippe… Vivant, donc, n’a fait que quelques kilomètres pour rejoindre Vinisud. A l’affût de beaux flacons qu’il pourrait ajouter à la carte déjà bien fournie de Pastis Restaurant, son établissement montpelliérain, il a prolongé deux de ses arrêts au stand. « Au Clos Centeilles, un minervois la livinière animé depuis plus de dix ans par Patricia Boyer-Domergue, j’ai eu la possibilité de découvrir la cuvée Capitelle 1997, un pur cinsault qui affiche encore beaucoup de fraîcheur et un vrai potentiel de vieillissement. Il accompagnerait parfaitement une canette cuite à basse température avec de la betterave confite et une petite touche d’agrumes ! »

Ci-dessous : Jean-Philippe Vivant a notamment craqué pour les vins du domaine Coteaux des Travers.

En vallée du Rhône, Jean-Philippe Vivant a été conquis par un AOC Rasteau. « La cuvée Les Travès 2016 du domaine Coteaux des travers, révèle des tanins très fondus. Cet assemblage de syrah et grenache offre également un beau potentiel de garde. Je le verrais plutôt sur un agneau de 7 heures aux échalotes confites, poivrons rouges et piments fumés », souligne ce fidèle du salon dont la carte est composée à 80% de vins du Languedoc-Roussillon.

De la Corse à Beaumes-de-Venise

Studieuse s’il en est, Marie-Hélène Dal Cin qui possède la double casquette d’œnologue et de sommelière-conseil, s’est partagée entre dégustations et master-class. Une halte sur le stand des vins de Corse lui a permis de découvrir la toute jeune gamme Tarra di sognu (terre de songe). « C’est le fruit du travail entre un vigneron, Yves Canarelli du Clos Canarelli, et un sommelier, Patrick Fioramonti. 2016 est leur premier millésime en commun et le blanc, à base de vermentino majoritaire et de cépages autochtones, mêle au nez des arômes mentholés et de noyau de pêche blanche, des notes de fleurs et de fruits jaunes juteux. La bouche allie volume, tension, salinité et même un côté iodé. La proximité de la mer à Bonifacio explique tout. A boire avec une friture de petits poissons ou un filet de turbot à l’unilatérale avec des pointes d’asperges en tempura. Le rouge, toujours sous l’influence des cépages corses mérite tout autant d’intérêt. »

Avec le même enthousiasme, Marie-Hélène Dal Cin a succombé à la finesse du muscat de Beaumes-de-Venise du domaine Lenita. « Un rosé issu d’un assemblage de muscats petits grains blancs et noirs. Grâce à une belle acidité, et même s’il est gorgé de sucre, ce muscat rosé présente une réel équilibre. Avec une soupe de fraises, ce sera magnifique ! »

Ci-dessous : Marie-Hélène Dal Cin conquise par l’expression des vins de Corse.