Mardi 3 Mars 2026
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03.03.2026
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Visuel qui laisse penser que vous allez déguster une bière… mais surprise : c’est à base de vin ! Le négociant bordelais Jean-Baptiste Audy lance un produit hybride reprenant les codes de la bière et qui pourrait bien s’avérer être un pari gagnant, au moins auprès d’un public moyennement, voire peu œnophile.
En découvrant le produit, la première impression est sans appel. Si l’explication de texte n’est pas donnée, le Blanc Nouvelle Vague de la marque Les Bons Vivants pourrait tout à fait passer pour une bière. Même format de bouteille encapsulée de 33 cl, même esthétique décomplexée sur l’étiquette, même degré alcoolique classique (5,5%). Tout juste pourrait-on s’interroger quant à à la couleur jaune pâle du produit… Mais l’effet est réussi, suscitant une évidente curiosité renforcée par la mention « Vin de France ». « L’objectif est de pouvoir capter un public jeune autour d’un produit vinique » explique Jean-Baptiste Bourotte, à l’origine de ce projet. Force est de constater que le résultat est loin d’être inintéressant. Bien sûr, tous les curseurs sont poussés pour flatter nez et palais de consommateurs plus habitués à consommer des sodas ou du red bull. « Nous avons décidé d’assembler des vins en provenance du sud-ouest de la France issus des cépages colombard, gros manseng et sauvignon » précise Jean-Baptiste. Effectivement, du verre jaillissent pêle-mêle des arômes marqués d’agrumes, de coing, de fleurs blanches. L’ensemble est réconfortant, arrondi par 15 grammes de sucres résiduels au litre, et demeure frais grâce à une fine effervescence ajoutée par gazéification.
À l’origine, ce projet est né d’une demande de l’un des principaux distributeurs de JB Audy aux États-Unis, ce qui explique une formulation adaptée aux jeunes consommateurs américains. Lorsque le Blanc Nouvelle Vague arrivera sur le marché français et européen dans les prochaines semaines, sa composition sera revue avec une sucrosité abaissée. Mais sa fabrication demeurera la même. Il ne s’agit évidemment pas ici de donner naissance à un produit de terroir mais bien de réussir à valoriser des vins actuellement à la peine tout en recrutant une nouvelle génération de consommateurs sur des moments de dégustation hors repas et en format individuel. Pour y arriver, Jean-Baptiste a donc décidé de désalcooliser une partie des vins sourcés. Ceux-ci sont assemblés avec des vins classiques pour parvenir à ce niveau modéré d’alcool tout en conservant une véritable identité vinique. Vendu en pack de 3, avec 3 étiquettes différentes au même prix unitaire qu’une bière (autour de 4€ la bouteille), ce produit s’acoquine parfaitement, à la manière d’une Corona, d’une rondelle de citron qui lui apporte une belle fraîcheur et un équilibre en bouche très agréable. À une période où nombre de vignobles sont en crise, cet ovni pourrait bien créer une catégorie nouvelle tout en constituant un débouché original pour des volumes de vins sans appellation.

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