Jeudi 1er Octobre 2026
De Saint Gall, cuvée Orpale ©JMB
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Date
01.10.2026
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Plutôt discrète du fait de l’orientation de son activité, la coopérative de coopératives Union Champagne et sa marque De Saint-Gall demeurent relativement peu connues du grand public. Pourtant, ses approvisionnements grand luxe font rêver et lui permettent notamment de donner naissance à un joyau à l’excellent rapport qualité-prix, Orpale.
« A l’œil, on distingue cette robe or pâle typique de la cuvée », explique presque inconsciemment Cédric Jacopin, chef de caves d’Union Champagne. Cette teinte étincelante dans le verre est pourtant celle qui a donné son nom à la cuvée haut de gamme de la marque maison, De Saint-Gall. C’est elle aussi qui trahit l’essence même de cet excellent champagne, un blanc de blancs né de raisins issus des grands crus mythiques de la Côte des blancs, Oger, Le Mesnil-sur-Oger, Cramant et Avize. Il ne pouvait en être autrement puisque 70 % des approvisionnements d’Union Champagne proviennent de la Côte des Blancs, faisant du chardonnay le cœur de toute la gamme.
Et quels approvisionnements ! 88 % de premiers et grands crus, avec également des raisins en provenance de la Montagne de Reims et de la grande vallée de la Marne (Aÿ, Ambonnay, Bouzy, Cumières…). Soit 1250 ha sur les 1420 ha apportés par les 2300 adhérents. Les volumes sont colossaux, faisant d’Union Champagne (union de 15 coopératives fondée en 1966) l’un des acteurs majeurs de la Champagne. Alors pourquoi sa marque De Saint-Gall demeure-t-elle si confidentielle avec seulement 520 000 bouteilles vendues l’an passé ?
Tout simplement parce que, au-delà de la très large part des exportations (85%), il ne s’agit que d’une petite part de l’activité de l’entreprise. L’essentiel des volumes (équivalents à 900 ha) constitue des contrats avec les grandes maisons de négoce qui accèdent ainsi à des vins clairs de très belle qualité pour alimenter leurs propres besoins. Seuls environ 10% des approvisionnements d’Union Champagne sont destinés à sa production propre (marque de Saint-Gall et marques distributeurs) soit environ 1,2 million de bouteilles, le reste étant récupéré par les adhérents pour embouteillage sous leurs marques propres.
Sortie pour la première fois avec le millésime 1980, la cuvée Orpale incarne la quintessence des très grands champagnes blancs de blancs de la région. Parmi les approvisionnements issus des 4 grands crus de la Côte des Blancs, Le Mesnil-sur-Oger et Oger constituent toujours le socle principal, leur complémentarité de style entre la tension crayeuse et minérale du premier et l’assise plus mûre et généreuse du second permettant de parvenir à un équilibre particulièrement souverain.
« Nous ne sélectionnons en outre au sein de ces crus prestigieux que les jus les plus qualitatifs qui vont ensuite vieillir a minima 10, voire 12 ans sur lattes avec un remuage final encore entièrement effectué à la main », rappelle de son côté Pierre Desanlis, directeur général d’Union Champagne.
On pourrait ajouter aussi la fermentation malolactique partielle qui est désormais pratiquée par Cédric Jacopin afin de conserver suffisamment d’énergie en bouteille quel que soit le millésime. Uniquement les plus flamboyants, là encore, pour ne proposer que le meilleur.
Si 2015 constituera le prochain opus d’Orpale (la sortie est prévue en fin d’année en remplacement du 2012 actuel), les précédents ont été sortis en 2008, 2004, 2002 et 1998. Avec une constante, ils s’affichent tous en brut, peu importe leurs dosages qui oscillent entre 0 g et 7 g. « C’est une habitude que nous avons prise et qui nous est demandée par certains marchés, notamment le marché américain qui refuse la mention extra-brut », explique Cédric.
Chaque cuvée Orpale est tirée entre 80 000 et 100 000 exemplaires, sa commercialisation se déployant sur 3 années environ. 25 000 cols annuels, pour moitié sur le millésime en cours et l’autre issus de l’œnothèque. Les amateurs peuvent en effet acquérir les anciens millésimes tous récemment dégorgés pour un prix à peine plus élevé (202,40€ le 1998, 157,50€ le 2002 par exemple) que celui sur le marché (129,80€ le 2012). Une aubaine folle tant la qualité des jus s’avère irréprochable. Une récente verticale des millésimes 1998 à 2015 a mis en exergue la constance irréprochable de cette cuvée, conservant à travers le temps une insolente fraîcheur saline et ne se teintant que très discrètement de notes d’évolution. Agrumes confits, notes d’amandes grillées, miel d’acacia comme sur les très réussis 2002 et 2008, notes plus florales et de mandarine sur l’élégant 2015 à venir. À ce prix, c’est encore l’un des secrets de la Champagne les mieux gardés. Maintenant, vous savez.

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