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Champagne Castelnau HC n°5 : la voix de la forêt 

Fût pour le champagne Castelnau ©Agence Discovery

Auteur

Blandine
de Lestrange

Date

06.10.2026

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Le boisage des vins a longtemps fait la pluie et le beau temps dans le vignoble français. Il désigne ces notes de vanille, de torréfaction et d'épices laissées par l'élevage en fûts de chêne neufs. Mais depuis quelques années, les producteurs ont fait le choix de revenir à plus d'authenticité et de pureté aromatique. Le fût a-t-il dit son dernier mot ? Rien n'est moins sûr. Démonstration avec Champagne Castelnau.

À l'occasion de ses 110 ans, Champagne Castelnau dévoile HC n°5, la nouvelle interprétation de sa cuvée de prestige imaginée par Carine Bailleul, cheffe de caves. Hommage à la forêt, cette création est née de son dialogue avec le maître tonnelier champenois Jérôme Viard. Une collaboration qui semble presque à rebours de la crise que connaît la tonnellerie française qui fait les frais d’un retournement de marché. Pourtant, Carine Bailleul y tient, « le vin et le bois ont toujours été les deux versants d'une même pièce. Ils entretiennent une relation fusionnelle, où l'un sublime l'autre et vice versa. Pour les 100 ans de Champagne Castelnau, nous avons voulu montrer que la barrique n'était pas un simple contenant, mais un ingrédient à part entière. »

Un champagne aux quarante nuances de bois 

Imaginez un orgue à parfums dans lequel les fragrances auraient été remplacées par des variations autour du bois : arômes boisés et fumés de la forêt d'Argonne, notes épicées et chocolatées issues de celle de Verzy, nuances boisées exacerbées par la double chauffe. La liste est longue et les possibilités infinies... ou presque. Carine Bailleul a limité son orgue œnologique destiné à la création de la cuvée HC à quarante fûts (vs 3 000 essences pour certaines grandes maisons de parfumerie) originaires de la Montagne de Reims, de la Forêt de Champagne-Ardenne et de la Forêt d'Argonne, en chauffe légère à double.

« C'est d’abord une expérimentation, 5 000 à 8 000 bouteilles maximum, explique -t-elle. Nous avons voulu établir un dialogue avec les arbres, essayer de percevoir la voix réelle de la forêt, qui avait disparu au profit d'une forme de standardisation des goûts. Pour cela, nous sommes revenus aux origines, au terroir. » Jérôme Viard complète : « Les chênes nous parlent, ce sont de vrais livres d'histoire. Des cernes très serrés indiquent des années de privations d'eau ou de grands froids. Des cicatrices laissées par le feu, des impacts de balles ou d'animaux restent gravées dans le bois. Cela se ressent dans le merrain, et donc dans le vin ». Il y a dans ce duo quelque chose qui n'aurait pas déplu aux Kodamas, ces esprits de la forêt japonais rendus célèbres par le cinéaste Hayao Miyazaki : une approche du bois subtile, délicate, respectueuse et authentique.

Une tentative de répondre à la crise de l’immédiateté 

Carine Bailleul et Jérôme Viard partagent également un respect du temps ; cette assurance que rien de bon ne s'obtient dans la précipitation. Il faut quatre ans pour confectionner un fût, explique Jérôme Viard : trois ans pour la maturité du merrain et un an pour la chauffe. À cette durée s'ajoutent l'année d'élevage à l'intérieur et dix années supplémentaires de vieillissement sur lies pour que la magie opère ; ce que la cheffe de caves appelle « ce petit supplément d'âme, qu'on ne peut pas maîtriser mais qui fait toute la différence ». Laisser le temps faire son œuvre : ce qu’il y a de plus compliqué dans nos sociétés actuelles. « Nous voulons tout, tout de suite, en oubliant souvent que les choses qui comptent vraiment demandent du temps », remarque Hannelore Chamaux-Rima, directrice générale de la marque. « En doublant voire triplant les durées de vieillissement, nous prenons un engagement fort. Nous montrons que notre champagne peut concurrencer n’importe quel vin de garde ».

En résulte cette cuvée HC n°5 dont on ne peut s'empêcher de penser que son nom et sa couleur - un or jaune aux reflets argentés - sont des clins d'œil au fameux n°5 créé par Ernest Beaux pour Coco Chanel en 1921. Ce vin, comme ce parfum, parle de lui-même. En notes de tête, des arômes de bois, une douceur enveloppante et subtile qui rend hommage à la forêt. En notes de cœur, le reflet du travail des hommes et de la technique de la chauffe avec des nuances gourmandes de chocolat et de tartines beurrées. Et en notes de fond, de délicats arômes de fruits confits et d'épices.

Cuvées HC n°5 du Champagne Castelnau

En définitive, une expérience réussie pour Champagne Castelnau et qui laisse espérer que le fût a encore de beaux jours devant lui, pas seulement en objet de décoration. HC n°5 sera disponible à partir du 1ᵉʳ octobre chez les cavistes, en restauration et sur la boutique en ligne de Champagne Castelnau.