Les derniers chiffres officiels font état d’une explosion des conversions au royaume du pinot et du chardonnay, réputé réfractaire il y a encore quelques années.

C’est officiel : La Bourgogne viticole dépasse désormais la moyenne française en nombre d’exploitations viticoles bio. La région compte désormais 17% de vignes cultivées en agriculture biologique, contre 14% en France, d’après l’observatoire Bourgogne-Franche-Comté de l’agriculture biologique (Orab).


Côte de Beaune et Côte de Nuits en tête

Un petit événement en soi, dans un vignoble où la tradition et un climat parfois difficile ne poussent pas au changement de pratiques. Comment expliquer cette tendance ? « Les domaines qui se convertissent aujourd’hui se préparaient depuis longtemps, dix ans pour certains« , dévoile Agnès Boisson, qui accompagne les conversions avec l’association BioBourgogne. « Les producteurs souhaitent répondre à la demande des clients, mais pas coûte que coûte. Beaucoup ont commencé à changer de pratiques, par exemple à labourer les sols, avant même d’évoquer la conversion.« 

Championne de cette Bourgogne en route vers la bio : la Côte d’Or, département de la Côte de Beaune et de la Côte de Nuits. Ici, 26% des domaines sont désormais certifiés AB ou en conversion. Moins engagés à l’heure actuelle, l’Yonne (Chablisien) et la Saône-et-Loire (Côte chalonnaise et Mâconnais) plafonnent à 14% et 10% des surfaces. Mais s’apprêtent à suivre la tendance. « Il y a un bruit de fond dans ces départements, où les coopératives aussi jouent le jeu. La plupart ont désormais une gamme bio, qu’elles parviennent à valoriser« , décrypte Agnès Boisson.

S’offrir de nouveaux débouchés

Motivation n°1 pour ces domaines : « le facteur commercial« , estime l’Orab. Ainsi, « la certification bio offre de nouveaux débouchés, notamment à l’export, où certains pays du nord de l’Europe et en Asie mettent une priorité sur les vins avec label« . Puis, « la conversion à la bio offre dans un second temps à ces exploitations une approche agronomique plus pointue, renforçant ainsi une prise de conscience de l’intérêt de la bio au niveau environnemental.« 


La tendance devrait suivre son cours, les abandons étant de moins en moins fréquents. « Cette année a été particulièrement difficile, et je n’ai pratiquement pas entendu parler de domaines qui arrêtaient la bio« , confie Agnès Boisson.