(photos : Michaël Boudot)
(photos : Michaël Boudot)

La première master class de Bordeaux Tasting commence en toute logique par rappeler l’importance de la forme du verre dans la dégustation. Référence en la matière, la cristallerie Riedel dévoile ses stratégies techniques pour magnifier les cépages. Avec ça, vous prendrez bien un verre.

C’est LA master class à ne pas rater pour comprendre les effets du verre sur la dégustation du vin et ne plus jamais manquer de respect à table à un nectar de sauvignon blanc ou de cabernet.
Animée par Philippe Guillon, directeur de la filiale France de Riedel, cette master class est une incontournable de Bordeaux Tasting, qui rappelle qu’on ne sépare pas la forme et le fond. Dans les rangs studieux, l’assemblée concentrée est venue comprendre « l’importance de la forme des verres sur le nez et le goût du vin », tests comparatifs à l’appui. L’occasion pour Philippe Guillon de rappeler les conseils indispensables pour bien choisir son verre à vin.

Les grands principes à connaître
« D’abord le diamètre, qui influe sur le point de contact avec le palais. On aura beau tourner le vin en bouche, la première image domine », assure Philippe Guillon. La cristallerie Riedel s’est donc spécialisée dès les débuts de son histoire dans des verres à vin au design pensé pour chaque cépage, dont sa collection Sommelier créée en 1973. Le principe : « le vin dicte la forme ». Principe abouti avec la dernière collection Perfomance, qui se démarque par une technique vénitienne, soit des stries à l’intérieur du haut du verre. Riedel assure le côté esthétique mais aussi l’effet technique : l’évaporation s’en trouve accentuée, donc la perception des arômes également.

Un verre pour chaque cépage, donc ?
Riedel propose le test avec quatre verres de la gamme Performance, pensés pour quatre cépages : le sauvignon blanc, le chardonnay sous élevage, le pinot noir (pour les bourgognes) et le cabernet (pour les bordeaux).
Commençons par un sauvignon blanc 2014, du Château Couhins, en Pessac-Léognan, joliment équilibré. Dans le verre à chardonnay, au bol large et au buvant très ouvert (pour favoriser la fraîcheur), l’intensité aromatique s’étiole au nez, le vin paraît plus acide. « Le verre ne fait pas le job », tranche Phillipe Guillon. Testons un chardonnay, le Mâcon-Verzé 2017 des domaines Leflaive, dans le verre à sauvignon, à la paraison plus étroite : il devient moins précis, le toasté domine, la fraîcheur n’est plus au même niveau. « Le verre agit comme un haut-parleur, il exprime plus ou moins bien les nuances du vin. A musique subtile, enceintes de qualité », commente le directeur de Riedel.
La sanction est encore plus flagrante avec les rouges, tanin oblige. Le Fixin (cuvée Crais de Chêne) 2017 de René Bouvier, en Bourgogne, perd de son bouquet dans le verre à cabernet. Surtout, il se perçoit comme plus acide ! A l’inverse, le Château Martet 2016 (en Sainte-Foy-Côtes de Bordeaux) dans le verre à pinot noir, au buvant incliné vers l’extérieur, exprime moins son élégance : ce sont les tannins qui s’imposent et paraissent moins intégré.

Dans le doute, que choisir ?
Bonne nouvelle, les deux formes de verre (sauvignon blanc et chardonnay), couvrent la plus grande gamme des blancs. Le verre à riesling est le plus polyvalent, même pour les rouges. C’est la valeur sûre.

Coupe ou flûte pour le champagne ?

Aucune des deux. Bien sûr, la coupe est élégantissime à porter aux lèvres et la flûte ne demande qu’à trinquer et tinter mais aucune des deux ne met en valeur les vins de Champagne. Pire, la coupe contribue à la perte des bulles à la vitesse grand V. Le verre à sauvignon blanc est idéal et le verre à pinot noir (avec un col cheminée) est extraordinaire pour les champagnes rosés, confirme Philippe Guillon.

Lavage à la main ou au lave-vaisselle ?
Philippe Guillon avait déjà astucieusement répondu à cette question par un très sensé « ça dépend du nombre d’invités ». Bonne nouvelle, les verres Riedel vont au lave-vaisselle. Attention toutefois qu’ils ne s’entrechoquent pas pour éviter les rayures. En cas de lavage à la main, rincez à l’eau très chaude et essuyez les verres à l’aide de deux torchons en microfibres, un dans chaque main, sans exercer de pression trop forte sur la tige. C’est souvent ainsi que ces grands fragiles perdent pied.