(photo Albert de Monts)
(photo Albert de Monts)

Pierre Hurmic, le maire (EELV) de Bordeaux, était aujourd’hui l’invité du « Café de la Bourse » à Bordeaux Tasting : un moment d’échange convivial qui a permis à l’édile écologiste de raconter son rapport avec le vin et avec la filière.

Durant les deux jours de Bordeaux Tasting, le « Café de la Bourse » est un lieu d’échange où des personnalités invitées viennent répondre, en petit comité, à des questions de la rédaction de Terre de Vins sur leur actualité et leur rapport au vin. Cette année, c’est le maire de Bordeaux Pierre Hurmic qui a inauguré l’exercice. Pensionnaire du Palais Rohan depuis les élections municipales 2020, ce natif du Pays Basque est arrivé à Bordeaux en 1973, alors qu’il avait 18 ans. Autant dire qu’en près de cinquante ans dans la capitale Girondine, l’élu a eu le temps de faire connaissance avec les vins de la région. Pourtant, c’est à un autre vignoble aquitain que va son premier clin d’œil : « je suis né à Saint-Palais mais j’ai grandi à Saint-Jean-Pied-de-Port, à proximité du vignoble d’Irouléguy. Et l’un de ceux qui ont donné ses lettres de noblesse à cette appellation, notamment avec Étienne Brana, est l’œnologue Jean-Claude Berrouet, dont le nom est intimement lié à celui de Petrus. »

S’agissant de son rapport avec le vin, Pierre Hurmic avoue qu’il s’est construit « sur la durée. Dans ma famille, je ne buvais pas de vin – mon père n’a jamais bu une goutte d’alcool de sa vie – et quand je suis arrivé à Bordeaux en tant qu’étudiant, je buvais plutôt de la bière, du côté de la place de la Victoire. C’est vraiment ici que je me suis initié. » Soulignant la dimension culturelle du vin, en particulier dans une ville comme Bordeaux dont l’image est intimement liée au vignoble qui l’entoure, le maire de Bordeaux salue « le travail de transmission et de pédagogie qui est accompli, notamment dans le cadre d’un événement comme Bordeaux Tasting avec les ateliers de l’école du vin du CIVB. » Quant à la place qu’occupe le vin dans son mandat de maire (conseillé à cet égard par Brigitte Bloch), il précise qu’il serait « irresponsable que le maire de Bordeaux ne s’intéresse pas au sujet. Le vin participe à l’image, à l’économie, à l’histoire de notre ville. »

Bio, Cité du Vin, Vinexpo et foie gras

Bien entendu, en tant qu’élu EELV, Pierre Hurmic accorde une grande importance à la question environnementale. Il salue à ce sujet « les efforts qui sont faits par la filière, qui n’avait pas une image de pionnière en la matière. Nous avons été élus sur un programme de transition écologique, et très vite après mon arrivée j’ai rencontré Bernard Farges, président de l’interprofession des vins de Bordeaux ; il m’a fait rencontrer Laurent Cassy, président du Syndicat des Vignerons bio de Nouvelle-Aquitaine [élu « vigneron engagé de l’année » aux Trophées Bordeaux Vignoble Engagé, NDLR] et j’ai pu constater à quel point une évolution est en cours dans le vignoble bordelais. » Quant à la cave de la mairie de Bordeaux, elle s’oriente elle aussi vers le bio : « elle est déjà riche de nombreuses pépites, mais il est vrai que pour ce qui est du renouvellement des stocks, j’ai recommandé de privilégier des vins bio ».

Interrogé sur la Cité du Vin, un projet auquel il s’était opposé lorsqu’il était encore dans l’opposition, le maire reconnaît que sa relation avec l’établissement « avait mal commencé » mais qu’il salue « le succès de cette installation, qui attire 450 000 visiteurs par an – hors Covid – et joue un rôle culturel important. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ! » Quant à d’autres événements liés au vin, qu’ils soient grand public comme Bordeaux Fête le Vin ou professionnels comme la « Bordeaux Wine Week » 2022 qui doit sans doute être confirmée la semaine prochaine par les équipes de Vinexpo, Pierre Hurmic assure qu’il les accompagne avec bienveillance et attention.

L’échange n’aurait pu être complet sans aborder un sujet d’actualité qui concerne aussi bien la période des fêtes qu’un produit emblématique du Sud-Ouest : le foie gras, banni des réceptions dans d’autres mairies dirigées par des confrères écologistes de M. Hurmic (Lyon, Strasbourg, Grenoble…) « Je ne vais pas interdire le foie gras à la mairie de Bordeaux », explique le maire qui se refuse sur ce sujet à avoir « une position dogmatique ou trop tranchée. Depuis que je suis arrivé, je crois qu’il n’y en a pas eu de servi dans les réceptions qui se sont tenues, mais il n’y a pas d’interdiction. Pour commencer, il faut distinguer le foie gras industriel, produit à bas coût et dans des conditions horribles pour les animaux concernés, et le foie gras artisanal, relevant d’un authentique savoir-faire, qui doit rester un produit exceptionnel voire de luxe. Le respect de la cause animale a un coût. »