L’une est à Aÿ mais aime travailler le pinot noir en bois; l’autre est en terre du pinot noir, dans l’Aube, mais s’attache à travailler également l’arbane et le petit meslier.

E. Brun est tonnelier quand il entreprend de fonder en 1898 la maison éponyme avant de s’associer en 1927 à un fils de vigneron, Edmond Lefevre, le grand père maternel de la dernière génération dans l’entreprise. Edmond a dirigé la maison jusqu’en 1968 avant de passer les rênes à sa fille Claude et son gendre Norbert Delescot. La troisième génération est arrivée en 1994 dans la maison : Philippe au vignoble, Emmanuel au commercial et à la gestion de la maison, les deux à l’élaboration. Propriétaires d’abord de 10 ha en premiers et grands crus à Ay et dans la montagne de Reims, ils ont complété par des approvisionnements sur 7-8 ha, disposant à parts équivalentes de pinot noir, pinot meunier et chardonnay. Mais c’est le pinot noir qui garde la préférence des Delescot et reste la spécificité de la maison marnaise. “Les premiers et grands crus ont toujours été travaillé en fûts qui apportent la finesse, une légère oxydation et des arômes de miel et d’épices, surtout pas de boisé, raconte Emmanuel Delescot. Chaque fût sert de 5 à 30 ans et quand nous les renouvelons parce qu’ils commencent à apporter de mauvais goût, nous les avinons pendant 5 ans avant utilisation”. Témoigne encore de l’histoire de l’ancien tonnelier, le dernier ascenseur à fûts de Champagne, sur trois niveaux, toujours en état de fonctionnement.

La maison élabore environ 200 000 bouteilles par an sur 9 références dont trois rosés et un brut zéro. La cuvée phare de la maison reste le Réserve 1er cru, à 75% pinot noir vieillis en futs et 25% de chardonnay en cuves (24€). Le champagne E.Brun vient de sortir son millésime 2008 moitié pinot noir moitié chardonnay élevé sous bois (35€)… en attendant en septembre le blanc de noirs Aÿ grand cru 100% fûts également.

Parents, Fils et cousins

C’est aussi en 1927 que l’arrière grand-père de la dernière génération des Moutard élabore la première bouteille de champagne à Buxeuil dans l’Aube. La fille de François Diligent épousera Lucien Moutard, fondant ainsi la maison Moutard-Diligent. Le deuxième patronyme a été récemment abandonné côté Champagne (la maison s’est développée aussi en Bourgogne) pour devenir Moutard père et fils, François Moutard est désormais accompagné de ses deux fils Alexandre et Benoit (photos ci-dessus) mais également de ses neveux Thomas, Edouard et Victor, les filles de la famille ayant choisi d’autres chemins. La maison de 1,5 ha en compte aujourd’hui 22 en propriété, entre Buxeuil et Polisy, une soixantaine en appro, à 100% dans la Côte des Bar (Aube). De quoi produire environ 700 000 cols par an avec plus d’une quinzaine de références. “Nous sommes toujours en train de créer de nouvelles cuvées pour répondre à la demande de nos clients, à 80% au grand export, reconnaît Alexandre. Les dernières en date, la cuvée sans soufre 100% pinot noir (30€) – nous allons d’ailleurs augmenter le sans soufre dans nos références – et la nouvelle gamme Climat de Champagne”, des cuvées parcellaires vinifiées en foudres (35€), Les Troncs et Les Perrières dans les prochaines semaines, un chardonnay Vignes Chiennes pour l’an prochain. Mais la cuvée phare de la maison reste la Richardot en pinot noir vieilles vignes plantées en 1973, le cépage majeur de la région (13 ha sur les 22 en propre) et une cuvée originale, créée en 2000, celle des 6 cépages (chardonnay, pinots noir, meunier, blanc, arbane et petit meslier), vinifiée en futs, devenue un joli fleuron (53€). L’arbane avait été plantée sur 9 rangs dans les années 50, le petit meslier sur un peu plus d’1 ha, et quelques rangs supplémentaires des deux cépages viennent d’être replantés.