Château Haut-Bailly, Grand Cru Classé de Graves (Pessac-Léognan), revenait, ce vendredi 5 septembre, sur les 15 ans de son acquisition par Robert G. Wilmers, président de la M&T Bank dans l’état de New York, avec une dégustation verticale des millésimes 1998 à 2012 au restaurant Laurent à Paris.

« Pourvoir aligner 15 millésimes d’affilée sans avoir à rougir d’aucun » est le résultat pour Véronique Sanders, directrice générale du Château Haut-Bailly (cf. photo), de ces 15 années où le domaine a été totalement restructuré afin de « garder le style racé et élégant de Haut-Bailly tout en gagnant en précision et densité. »

De fait, la dégustation verticale permet de se rendre compte de cette constance avec bien sûr des millésimes qui sortent du lot. 2000 et 2008 par leur belle acidité, 2002, 2004 et 2009 et leurs délicieux fruits rouges veloutés, 2005 par son étonnante fraîcheur et 2010 par son équilibre. Le tout avec une grande attention apportée à l’élevage, précise Véronique Sanders, qui apprécie notamment de travailler avec les tonnelleries Mercurey en Bourgogne, elle dont la famille, ancienne propriétaire du château, était à l’origine dans l’univers de la tonnellerie.

Quant à Robert G. Wilmers, banquier pragmatique qui s’était prononcé en 2012 pour une dégradation des agences de notation, et dont la femme, Elisabeth, compare ses acquisitions viticoles (il est devenu également propriétaire du Château Le Pape en 2012) à des maîtresses tant elles lui coûtent, il parle du château Haut-Bailly comme d’une belle endormie au terroir exceptionnel qu’il a entrepris de réveiller afin de lui redonner toute sa notoriété. Mission accomplie.

Et lorsqu’un journaliste lui demande s’il compte prendre une troisième maîtresse, il répond, malicieux, « qu’à son âge, ce ne serait pas très raisonnable, mais qu’il ne faut jamais jurer de rien. »

Texte et photographie Jean Dusaussoy

www.chateau-haut-bailly.com