Le Clos du Caillou à Châteuneuf-du-Pape, dans l’escarcelle de la famille Vacheron depuis 1956, devient propriétaire du domaine de Panisse également situé dans le cru. C’est la première fois que le clos s’agrandit.

L’affaire a été scellée pendant le confinement. La famille Vacheron, propriétaire du Clos du Caillou à Châteauneuf-du-Pape (84), a réalisé l’acquisition du domaine de Panisse, son voisin de vignes. Située à Courthézon (84), cette propriété sans repreneur, s’étire sur 13,5 hectares d’un seul tenant dont 6,5 hectares classés dans le cru castelpapal. Les 7 hectares restants se trouvent dans l’aire d’appellation des côtes-du-rhône. Cet achat concerne le vignoble, les bâtiments de ferme, la cave et le stock de vin. “Nous sommes très heureux, annonce Marilou Vacheron qui a rejoint le Clos du Caillou, aux côté de sa mère, en 2016. C’est une très belle exploitation. Le vignoble qui a été admirablement entretenu est en très bon état. Il possède, en outre, un terroir identique au notre puisqu’il loge sur les sols de sable de l’appellation.”

C’est la première fois depuis que son arrière-grand-père a créé le clos en 1956 que ce domaine de 54 hectares, dont 9,5 en AOC châteauneuf-du-pape, s’agrandit. “Ce n’est pas faute d’avoir essayé, mais nos tentatives n’ont jamais abouti”, relate Marilou Vacheron.

Le rachat du domaine de Panisse était, d’ailleurs, loin d’être acquis. D’autres propriétaires chateauneuvois se trouvaient en effet sur le coup. La Safer, qui fait office d’arbitre dans ce genre de situation, a porté son choix sur les Vacheron. “Nous étions les plus jeunes candidats ; notre âge a joué en notre faveur”, souligne la vigneronne qui vient de fêter ses 27 printemps. Axel son frère, trois ans de moins, a rallié les terres familiales cet été, après des études d’ingénieur en œnologie et plusieurs mois passés à vinifier avec l’œnologue Philippe Cambie.

“Nous allons vinifier le premier millésime du domaine de Panisse cette année sur le site du Clos du Caillou, explique Marilou Vacheron. Nos installations sont en effet plus récentes. Nous les avons rénovées avant les vendanges, l’an dernier”. La production devrait, quant à elle, être valorisée sous la forme de cuvées parcellaires. “Sur le plan commercial, tout est à construire !, enchaîne la jeune femme. Les précédents propriétaires ne faisaient quasiment pas de bouteilles à leur nom.” Parallèlement, un autre chantier débute, celui de la conversion au bio du vignoble.

Ci-dessous : Marilou Vacheron, accompagnée de son compagnon et de son frère Alex.