Alors que les vendanges approchent sur les bords de la Charente, on sort des chais des eaux-de-vie d’une trentaine d’années. Car, au pays du cognac, les grandes maisons travaillent sur le temps long pendant lequel les eaux-de-vie vieillissent dans le silence et l’obscurité.

C’est l’unique recette et la maison Frapin n’a jamais dérogé à la règle. Cet automne, elle le prouve une fois de plus en délivrant des chais un millésimé 1989 à couper le souffle. La générosité de Dame Nature cette année-là s’est commuée sur les 240 hectares de Grande Champagne du domaine Frapin en une eau-de-vie très intense. Distillé sur lies pour conserver toute la richesse aromatique, les fûts scellés sous le contrôle du BNIC, ce 89 s’est ensuite reposé dans des chais humides. C’est ainsi que le feu de l’alcool prend congé en part des anges pour laisser place à la rondeur, la suavité, la volupté. Il en ressort un nectar rare où les écorces d’orange se disputent à la boîte à cigares avec des notes d’épices et d’un rancio qui conserve beaucoup de fraîcheur. Avis aux amateurs. « C’est notre premier millésime vieilli en chai humide », souligne le maître de chais Patrice Piveteau qui réserve une autre surprise pour cet automne. Ce n’est pas du storytelling, Rabelais a été de la famille Frapin. En son honneur, une cuvée très prestigieuse a été créée où les plus belles eaux-de-vie du domaine viennent s’enfermer dans un écrin opéré par des maîtres verriers et des maîtres tailleurs pour un flacon de cristal décoré à la main avec de l’or 18 carats. On caresse ici l’univers du luxe. Avis aux collectionneurs.

Millésimé 1989 (70cl) : 175€
Cuvée Rabelais (70 cl) : 8 500€