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Cognac réduit son rendement 2024-2025

Le négoce a exprimé un besoin de 765 000 hectolitres d’alcool pur à “passer en chaudière” lors de la campagne 2024-2025. Ce besoin diminue de 14,5%. ©Jonathan photography pour le BNIC

Auteur

Olivier
Sarazin

Date

14.06.2024

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Face aux incertitudes économiques et géopolitiques, le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC) abaisse son quota de production d’eaux-de-vie nouvelles à 8,64 hectolitres d’alcool pur par hectare

« Les mois qui viennent vont être plus difficiles », dit sans détour le négociant Florent Morillon, président du Bureau national interprofessionel du cognac (BNIC). « Cette année sera, à n’en pas douter, une année d’efforts », ajoute le viticulteur Christophe Veral, vice-président. Un chiffre en témoigne : 8,64. Voici, exprimé en hectolitres d’alcool pur par hectare, le rendement retenu pour la campagne 2024-2025 au pays du cognac. Ce quota maximal de production d’eaux-de-vie nouvelles commercialisables a été fixé le jeudi 13 juin par le comité permanent du BNIC. Il est en net repli et devrait répondre aux besoins du négoce en baisse de 14,5 %. A titre de comparaison, le rendement s’élevait à 10,5 en 2023-2024 et à 14,73 en 2022-2023. Il faut remonter à 2009, au lendemain de la crise dite des subprimes, pour trouver plus bas (8,12).

Le budget lui aussi en repli
Précisons que ce rendement ne sera pas recalculé fin août, à la veille de vendanges, en fonction de la réalité agronomique, comme les années précédentes. Il devrait être validé dans quelques jours par l’assemblée plénière du BNIC et l’Organisme de gestion de l’appellation (ODG) puis les instances nationales (notamment l’INAO, l’Institut national de l’origine et de la qualité). En fixant un rendement aussi bas, les professionnels disent s’adapter aux incertitudes économiques et à un « contexte géopolitique menaçant les expéditions à court terme ». Il est ici notamment fait référence aux menaces de taxe punitive en Chine. Ces douze derniers mois, les expéditions à la surface du globe ont chuté de 16,9 % (chiffre arrêté à la fin mars 2024). Jeudi, le BNIC a également fait savoir que son budget 2024-2025 diminue de 14 % et qu’un « plan d’économie » privilégiant les « actions prioritaires » est mis en œuvre.

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