Alors que la crise du coronavirus pèse chaque jour davantage sur l’économie du pays, qu’en est-il de la filière vin ? Jérôme Gallo, docteur en économie et directeur de la School of Wine and Spirits Business de Dijon, a accepté de répondre à nos questions.

Le confinement et la fermeture des frontières atteignent l’économie dans sa globalité. Les professionnels du vin en France seront-ils particulièrement touchés ?
Cette crise sanitaire pourrait durer au moins deux mois, il est donc bien trop tôt pour répondre précisément. Toutefois il y a une certitude : l’impact économique sera extrêmement important pour la filière. Le problème, c’est la consommation. Fermetures d’entreprises et chômage partiel signifient moins de moyens. Et donc d’inévitables arbitrages avec d’autres produits : on consommera moins de vin, ou des vins moins chers. Et cette difficulté s’ajoute à la taxe Trump et aux incertitudes du Brexit. Je suis très inquiet pour la filière.

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Même avec l’indemnisation promise par l’État pour les entreprises et salariés concernés ?
Oui. Ces annonces sont positives en théorie, mais tout dépend des modalités administratives pour faire valoir ces droits. Seront-elles décourageantes ? C’est possible. Au delà de ça, j’aimerais entendre de la part du gouvernement des éléments de soutien précis et spécifiques à la filière vin. Cela n’a pas été le cas pour l’instant, alors que les coups durs s’accumulent.

En parallèle à cette crise économique, une crise financière a débuté. Pensez-vous qu’un placement dans le vin soit une valeur refuge, comme l’annoncent certaines plateformes boursières ?

Il faut déjà rappeler une chose : investir dans le vin n’est pas simple. Cela nécessite une expertise et des conditions de conservation idéales. Ceci étant dit, des indices comme ceux du Liv-ex [principale bourse du vin, ndlr] montrent en effet une relative stabilité de ce produit en tant que placement financier. Mais il faut être prudent avec cela. Il y aura des turbulences, quel que soit le secteur. Cette crise financière ne fait que commencer et elle durera probablement des années.

Ci-dessous : comme la plupart des Français, Jérôme Gallo se plie aux règles du confinement et nous a accordé cette interview depuis son domicile.