Deux ans après la publication de son ouvrage “VinoBusiness”, Isabelle Saporta va se retrouver à partir de demain, jeudi, face à Hubert de Boüard dans la salle d’audience de la 17ème chambre du tribunal de Paris. Le propriétaire du château Angélus poursuit la journaliste pour diffamation.

Les choses sérieuses commencent. Deux ans après la publication du livre polémique “VinoBusiness” (et la diffusion télévisée du documentaire qui s’en inspirait), c’est devant la justice qu’Isabelle Saporta et Hubert de Boüard vont régler leurs différends. Le propriétaire du château Angélus, mis ouvertement en cause par la journaliste pour avoir multiplié les responsabilités (INAO, Conseil des Vins de Saint-Emilion) afin de privilégier ses intérêts et faire accéder Angélus au rang de 1er Grand Cru Classé ‘A’, a attaqué la journaliste en diffamation dès le mois de mars 2014. A cette époque, il affirmait que “dans le cadre du renouvellement du classement 2012 des crus de l’AOC Saint-Emilion grand cru, toutes les garanties ont été apportées pour assurer son impartialité”.

C’est donc devant la 17ème chambre du tribunal de Paris que la question va se régler, à partir de demain après-midi. Comme le rapportent nos confrères de Sud-Ouest, “à l’occasion de ce procès, quelques grands noms du vin bordelais devraient rallier la capitale. A la barre devraient en effet défiler de nombreux témoins. Du côté d’Isabelle Saporta, on attend deux propriétaires de châteaux déclassés (Hubert Boidron de Corbin-Michotte et Pierre Carle de Croque-Michotte) ainsi que Jacques Berthomeau, auteur d’un blog influent sur le vin et ancien directeur de cabinet au ministère de l’Agriculture. Les conseillers d’Hubert de Boüard du prestigieux cabinet d’avocats parisien Lussan, qui devaient appeler à la barre pas moins de six personnes, auront finalement trois présidents : Bernard Farges du CIVB (Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux), Christian Paly du Comité national des AOC vins de l’Inao et Robert Tinlot, de la Commission de classement des Grands crus classés de Saint-Emilion devraient être présents.”

Bien que s’estimant sereine quant à l’issue du procès qui devrait permettre selon elle de lever le voile sur un certain nombre d’étapes qui ont accompagné le classement de 2012 à Saint-Emilion, Isabelle Saporta dénonce “une forme d’intimidation à l’encontre des journalistes pour leur dire ne pas recommencer […] Je ne veux pas faire du misérabilisme mais nous ne jouons pas dans la même cour. M. De Boüard s’offre un des meilleurs cabinets d’avocats parisiens et pour lui, c’est peanuts. En face, cela cela coûte de l’argent, prend beaucoup de temps, ce n’est vraiment pas très agréable”. Du côté d’Hubert de Boüard, on espère que ce procès permettra de mettre les choses au clair une fois pour toutes et de prouver que les thèses d’Isabelle Saporta sont sans fondement.