Ci-dessus : Sylviane Mercandelli, propriétaire du Château La Roque et Natalia Romanchenko, responsable commerciale / export dans les vignes d’assyrtiko.
Ci-dessus : Sylviane Mercandelli, propriétaire du Château La Roque et Natalia Romanchenko, responsable commerciale / export dans les vignes d’assyrtiko.

En Pic Saint-Loup, le Château La Roque a planté des cépages de Grèce et d’Istrie. Ces derniers ont fait la preuve de leur résistance au climat chaud et sec, lors des épisodes de fortes chaleurs de 2019. Leurs premières micro-cuvées de Malvoisie d’Istrie et d’Assyrtiko millésime 2019, viennent de sortir.

À Fontanes, le Château La Roque est un vignoble bio, d’un seul tenant, en appellation Pic Saint-Loup. Il offre 36 vues imprenables sur le profil de la montagne asymétrique, avec ses 90 hectares vallonnés au milieu de la garrigue. On retrouve ici de premières traces de culture de la vigne en 1259. En 2015, Sylviane Mercandelli et Bertrand Barascud en deviennent les nouveaux propriétaires. Le domaine compte 41 hectares de vignes en terrasses, exposées sud/sud-est, sur un terroir d’éboulis argilo-calcaire. Cyriaque Rozier est le régisseur de la propriété depuis 2004, et l’a structuré avec les deux propriétaires précédents : il connaît parfaitement le terroir et ses possibles. Sylviane Mercandelli et Bertrand Barascud, très attentifs à la préservation de l’environnement, optent pour l’agriculture biodynamique (label Demeter). Ils viennent d’inviter un berger à s’installer pour mettre en place un éco-paturage avec ses moutons et une école de chiens de berger. La même démarche d’observation et d’adaptation a guidé une expérimentation sur les cépages, en anticipant les conséquences du réchauffement climatique.

Regarder l’histoire, du côté de la Grèce

Cyriaque Rozier s’intéresse depuis longtemps aux cépages d’ailleurs. Il est allé à Santorin, en Grèce, il y a trente ans, et a remarqué les grandes possibilités de l’assyrtiko. Ce dernier peut donner des vinifications bien plus subtiles que les vins résinés souvent associés aux souvenirs de vacances dans les Cyclades. Cyriaque est aussi très amateur malvoisie d’Istrie (péninsule au nord-ouest de Croatie, faisant face à l’Italie et jouxtant la Slovénie au nord). Il a donc proposé de tenter l’expérience avec ces deux variétés, en choisissant les parcelles argilo-calcaires en terrasse les plus adaptées. Les nouveaux propriétaires ont approuvé, intéressés aussi par l’idée de se démarquer en Pic Saint-Loup et même en France. “Aujourd’hui, on apprend de partout. En Croatie, sur l’ile de Hvar, le parcellaire est resté le même qu’à l’époque romaine” explique le régisseur, qui supervise de la vigne à la cave. Il s’est approvisionné auprès d’un pépiniériste grec pour planter en 2016, un demi-hectare de chaque cépage.

Assyrtiko et malvoisie : résistants et intéressants !

En 2019, lors de l’épisode de canicule, les jeunes vignes d’assyrtiko et de malvoisie ont été plus résistantes que les cépages traditionnels. Cette année de première vendange a donné deux micro-cuvées, cueillies à la main, vinifiées à froid en levure indigène, sans sulfites. Les équilibres sucre/acidité ont été assez similaires à ceux observés à Santorin et en Istrie. Ces deux nouvelles cuvées de la Collection La Roque livrent vraiment le potentiel de ces cépages sur ce terroir. La malvoisie 2019 offre un nez floral, rondeur en bouche et finale vive ; un vin équilibré, et posé comme s’il était un classique de la maison. L’assyrtiko a fait un vieillissement sous voile, à la surprise générale. Cyriaque Rozier l’a laissé faire : après 6 mois, il développe des notes oxydatives sur une trame saline, évoquant en version jeune un vin du Jura. Présentées en juin, ces deux nouvelles cuvées singulières sont en vente directe à la cave (25€) et découvertes dans les dégustations estivales en plein air “La barrique en goguette”.
L’avenir s’annonce avec deux autres vignes croates nouvellement plantées, qui vont continuer la Collection atypique du Château La Roque.

www.chateau-laroque.fr