©F. Hermine
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L’étude commandée à Ipsos par SudVinBio dans le cadre du prochain salon Millésime Bio, virtuel et présentiel, confirme que les amateurs de vins bio sont de plus en plus nombreux sur un marché dynamique, particulièrement dans l’Hexagone.

Dans la perspective de Millésime Bio, qui devrait se dérouler pour la première année en formule mixte, virtuelle et présentielle, SudVinBio, association interprofessionnelle organisatrice du salon, présidée par Nicolas Richarme, a commandité une étude Ipsos sur la consommation du vin bio réalisé auprès de 3000 personnes en France, en Grande-Bretagne et en Allemagne. Le futur de la planète arrive désormais en tête des préoccupations générales des Européens, en particulier en France mais aussi de plus en plus en Grande-Bretagne et en Allemagne ; ce premier centre d’intérêt est suivi par le besoin de connaître l’origine et la provenance des produits alimentaires, loin devant la préoccupation pour sa santé.

Plus d’un Français sur deux achète désormais du vin bio (48 % de plus qu’en 2015), beaucoup plus qu’outre-Manche et même outre-Rhin, et plus d’un Européen sur trois (39 %, + 9 points en 6 ans). Le profil de ses consommateurs est sensiblement le même avec une sur-représentation de CSP+, diplômés, citadins et surtout des jeunes plus soucieux de l’environnement que leurs aînés. « En six ans, on est passé d’une consommation de curiosité à une consommation installée et structurelle, grâce notamment à une bonne image due à une bonne traçabilité des vins bios » estime Nicolas Richarme. On est clairement sur une dynamique avec une consommation de vin bio en hausse, qu’elle soit occasionnelle ou régulière ». Le prix moyen du vin bio en Europe s’établit à 13,90€ (+ 5 € vs 2015) contre 11 € (+ 3€) pour un vin conventionnel. 63 % des Européens (vs 57 % en 2015) se déclarent d’ailleurs prêts à payer plus cher pour des produits contribuant à préserver l’environnement, un peu moins en Grande-Bretagne, un peu plus en Allemagne.

Pour le respect de l’’environnement d’abord

Le premier levier de consommation pour plus de la moitié des consommateurs dans les trois pays est le respect de l’environnement, mais aussi la curiosité pour le produit et une production équitable, notamment en créant plus d’emplois. Les Français semblent avoir une meilleure connaissance du produit mais paradoxalement, 40 % de ceux qui n’ont jamais acheté de vin bio se considèrent mal informés (« une réponse refuge » selon Salomé Quetier-Parent, chargée d’études d’Ipsos) alors que 83 % connaissent le produit (seulement un Allemand sur deux et 43 % des Britanniques). Autres freins à l’achat avancés et autres paradoxes, le prix jugé trop élevé et la difficulté à en trouver en magasin.

L’offre ne cesse de monter en puissance avec la production : en France, 891 exploitations ont commencé leur conversion en 2021 (elles étaient 3186 en 2020  et 1313 en 2019). Au dernier recensement de 2020, on comptait environ 137 000 ha en bio et en conversion qui représenterait 17% du vignoble de l’Hexagone. « Malgré une année difficile dans la plupart des vignobles, les volumes devraient être suffisants cette année pour approvisionner les marchés actuels, pas forcément pour prospecter de nouveaux débouchés, reconnait Nicolas Richarme. Mais tous les marchés ne sont pas sensibilisés au bio, ce qui laisse présager des réserves de croissance à condition de poursuivre la pédagogie. Par ailleurs, nous avons constaté que la possibilité de communiquer avec le logo CAB (Conversion vers l’Agriculture Biologique) sur les bouteilles avait boosté les conversions ».

©F. Hermine

*SudVinBio, association interprofessionnelle regroupant producteurs et négoce de la filière bio d’Occitanie, représente 37000 ha soit 37% du vignoble en bio et 70% de la production bio certifiée de la région (environ 700 000 hl), première productrice de l’Hexagone.        

Première année de formule mixte

MillésimeBio devrait se dérouler en virtuel les 24 et 25 janvier janvier 2022 et au Parc des Expositions de Montpellier du 8 février au 2 mars 2022. SudVinBio  annonce 1450 exposants inscrits (dont 22 % nouveaux) en provenance d’une vingtaine de pays (principalement Espagne, Italie et Autriche pour les étrangers) et attend 7000 visiteurs de 39 pays. Pour la première année, le Challenge Millésime Bio a été ouvert aux bières et aux cidres. La salon accueille également des producteurs de spiritueux depuis 2019.