(photo : Guillaume Rivière)
(photo : Guillaume Rivière)

Le vignoble de Bergerac-Duras est situé au cœur du Périgord pourpre. Et, dans ces vignes, entre Dordogne et Lot-et-Garonne, la part de vignerons faisant le choix du respect de l’environnement et des paysages, grâce à l’agriculture biologique, ne cesse de progresser. Au cœur du Périgord pourpre, des vignerons aux mains vertes qui nous ont ouvert leurs portes pour une Escapade publiée dans le Terre de Vins 59, actuellement en kiosque.

Épisode 1/6 : Château Barouillet, génération nature

Près de Pomport, en plein cœur de Monbazillac, les vignes poussent à Barouillet depuis neuf générations. Vincent Alexis, avec sa barbe bien taillée, des idées plein la tête et son slogan « French wine is not dead », représente parfaitement cette nouvelle génération de vignerons et de consommateurs qui, chez leurs cavistes ou dans les bars à vin, veulent savoir ce qu’ils boivent, et qui se cache derrière l’étiquette. Avant de reprendre le domaine en 2010, il se forme à Montpellier, goûte ce qui se fait ailleurs. « Quand je dégustais avec les camarades de promo, mon goût allait naturellement vers des cuvées faites en bio. » Il fait un petit tour de France, passe par le domaine Saumaize (Mâconnais), puis voyage outre-Atlantique pour une vinification en Ontario, dans un domaine de 50 hectares tout en biodynamie. Ces expériences finissent de le convaincre que sa pratique vigneronne à Bergerac sera en bio ou ne sera pas. Mais rien de moins évident que d’établir ces pratiques culturales sur 45 hectares et cinq terroirs différents. « Mon père est un pharaon », dit Vincent dans un sourire, faisant référence à l’agrandissement des surfaces de vigne pendant sa carrière vigneronne, et la grande cave de vinification construite en 2003, répondant à l’époque aux besoins du négoce et au marché du vrac. « J’ai commencé à travailler en bio en 2010, et j’ai dû faire au fur et à mesure, en 2019 tout devrait être certifié. »
Le choix des cépages lui importe aussi, pour s’ancrer notamment dans la tradition tout en sauvegardant un patrimoine ampélographique, avec la replantation de la mérille (aussi appelée « périgord »), un cépage rouge historique de Bergerac, abandonné des vignerons, que Vincent vinifie pour la première fois cette année.
Ce qui ne l’empêche pas d’être dans le présent en construisant des vins au profil contemporain faciles d’accès. De 10 000 bouteilles vendues au domaine en 2010, le jeune vigneron est passé à 145 000 bouteilles commercialisées en 2018, grâce à une gamme de 13 cuvées aux étiquettes graphiques et à la grande buvabilité. La bulle Splash (10 €), pétillant naturel, est une fraîcheur de printemps accessible qui ne se prend pas la tête. Plus élaborée, la cuvée Truculence (18 €) est un assemblage de sauvignons travaillés en foudres et en amphores, tout en rondeur fruitée et à la minéralité sous-jacente.
Côté rouge, du bergerac facile et croquant (7,50 €), au pécharmant franc, légèrement fumé et aux tanins très fins (10 €), en passant par l’Hécate (18 €), cette sélection parcellaire de merlot et cabernet franc sur silex à Pécharmant se révèle solaire et épicée, respectant le fruit et le terroir. Coup de cœur pour Larcin (14 €), un travail de fruit en finesse et un profil croquant et juteux, une autre façon de découvrir le vignoble bergeracois.

24240 Pomport
05 53 58 42 20 – Site internet