(Photo M. Boudot)
(Photo M. Boudot)

Président du Conseil supérieur de l’œnotourisme, l’ancien ministre devait participer à la remise officielle des Trophées de l’Œnotourisme ce mercredi matin à Bordeaux. Il livre à Terre de Vins les premières leçons que le secteur de l’œnotourisme doit tirer de la crise.

Ancien secrétaire d’État chargé du commerce, de l’artisanat, des PME, du tourisme, des services et de la consommation, Hervé Novelli préside le Conseil supérieur de l’œnotourisme. Hervé Novelli devait être présent à la Cité du Vin de Bordeaux mercredi 8 juillet pour participer à la cérémonie officielle de la deuxième édition des Trophées de l’Œnotourisme, organisée par Terre de Vins et Atout France, l’agence de développement touristique de la France. Appelé à Paris pour une réunion à l’Élysée, M. Novelli retient trois grandes leçons de cette crise sanitaire.

Quel état des lieux de l’œnotourisme pouvait-on faire avant cette période de confinement ?
Le Covid-19 a profondément modifié la donne. Avant cette pandémie et ses conséquences en matière touristique, l’œnotourisme était perçu comme une branche de développement d’avenir pour notre pays. Et je continue de penser que c’est toujours le cas. Une dynamique avait été lancée par les assises nationales de l’œnotourisme en 2018. Fin 2019 avaient eu lieu de nombreuses assises régionales. Un suivi des orientations s’opérait dans les directions fixées par les vingt propositions issues de ces assises. Tout cela semblait idyllique. Puis, patatras, en plein milieu du mois de mars arrive le confinement avec ses conséquences.

Quels défis doit relever le secteur de l’œnotourisme au sortir de cette crise ?
Je vois trois grands défis à relever absolument aujourd’hui. Le premier défi est également une leçon : l’œnotourisme n’est pas encore une branche mature, au sens que lorsqu’un certain nombre de grandes difficultés surviennent, le secteur réagit en ordre dispersé. D’un côté les professionnels de la viticulture, de l’autre les professionnels du tourisme. Et l’œnotourisme reste un milieu complexe à mobiliser, comme il est complexe de faire ressentir aux pouvoirs publics l’urgence d’une action en faveur du secteur.

Pourtant, cette action est absolument essentielle…
Les pratiquants de l’œnotourisme ont cumulé les difficultés liées aux branches du tourisme en même temps que les difficultés liées à la viticulture. Bien sûr, les professionnels du vin ont eu le droit à un plan d’urgence. Leur réaction est du reste assez mitigée concernant ce plan. Les professionnels du tourisme ont bénéficié d’un plan plus ambitieux, plus fort, mais dans lequel, malgré mes efforts, l’œnotourisme n’a pas pu s’intégrer de manière exhaustive comme je l’aurais souhaité. Ma demande, très claire, était que les tributaires du label Vignobles & Découvertes soient intégrés dans le plan d’urgence en faveur du tourisme. Cela n’a pas été le cas, même si, de manière ponctuelle, telle ou telle installation œnotouristique a pu en bénéficier.

Et les deux autres défis ?
Le deuxième défi ou deuxième leçon que je tire de cette crise est que la dynamique lancée par les assises de l’œnotourisme s’est arrêtée, par la force des choses. Les réunions ont cessé. Le groupe de travail sur la formation, avec une très grande implication d’Atout France, devait faciliter la mise en place à la fois de modules de formation, d’un comité auprès du ministre et la création d’une chaire à Paris, pilotée par la Sorbonne. Ce groupe n’a pu se réunir qu’une fois, juste avant le confinement. Même le groupe de travail sur la hiérarchie des prestations œnotouristiques ne s’est réuni qu’une fois. Nous devons relancer cette dynamique. Je compte sur mes partenaires habituels, comme Atout France, pour remettre en place les éléments clés de la structuration de la branche œnotouristique.
Troisième leçon : pour une branche qui émerge, il y a déjà beaucoup d’organismes ! Il y a le Conseil supérieur de l’œnotourisme (CSO), mais aussi le cluster lié à Atout France, la fédération Vignobles & Découvertes, que j’avais appelée de mes vœux. Nous avons besoin de plus de fluidité et de réactivité, y compris entre les professionnels du tourisme. Je souhaite faire du CSO ce trait d’union. Nous avons pleinement vocation à rendre les choses plus lisible, plus fluide et plus simple.