Accueil Actualités IGP du Gard : Une nouvelle bulle pour contrer la crise

IGP du Gard : Une nouvelle bulle pour contrer la crise

De gauche à droite : Denis Verdier, Magali Saumade et Patrick Viala. ©Yoann Palej

Auteur

Yoann
Palej

Date

08.11.2023

Partager

Pour lutter contre la déconsommation de vins et s’adapter aux évolutions profondes de la société, la Fédération des vins IGP du Gard a décidé de lancer « Les Bullicieuses », une marque collective autour de la bulle, et de promouvoir les cocktails qui ont la cote auprès des jeunes.

Nîmes, capitale des vins du Gard. Au premier étage de l’hôtel particulier Edouard Mouret, une effervescence bien particulière vient perturber la quiétude de cette magnifique bâtisse du XIXe siècle. En arrivant sur les lieux, Denis Verdier, le président de la Fédération gardoise des vins IGP lance les hostilités : « On a conscience que l’on fait face à une crise grave au sein de la filière et que la déconsommation est problématique pour les revenus des producteurs. C’est pourquoi nous travaillons collectivement depuis plusieurs mois afin de trouver des solutions. L’objectif, c’est une opération séduction auprès des moins de 35 ans qui se désintéressent du vin. » Le constat est clair et notamment sur le vin rouge dont la consommation a baissé de plus de 30% en France sur les dix dernières années. « La génération Z se tourne vers d’autres produits comme la bière, les boissons moins alcoolisées, les cocktails et les bulles », relaie Christophe Aguilar, président des vins IGP Coteaux du Gard. 

Les Bullicieuses, les bulles made in Gard
C’est en partant de ce constat qu’un groupe de travail de 50 caves et domaines a planché sur la création d’une nouvelle marque de bulles. « Les Bullicieuses sont nées avec l’esprit de liberté de nos IGP gardoises, sans barrière et avec un cahier des charges souple et adaptable », prolonge Christel Guiraud, président des vins IGP Cévennes. Pour le moment, l’ensemble est assez flou : pas de cépages définis (même si on part plutôt sur un produit d’assemblage) ou de terroirs précis et un dépôt à l’INPI (Institut National de la Propriété Intellectuelle) qui n’a pas encore été validé mais le collectif se veut serein. « On ne part pas d’une feuille blanche et on a été rassuré récemment sur la dimension juridique, rebondit Denis Verdier. Beaucoup de domaines font déjà de la bulle mais à titre plus informel. On voudrait que la démarche soit plus globale avec une grande ambition sur les volumes et sur la qualité. » Sans les citer, la cible, c’est le Prosecco et les bulles type crémants sur un marché de l’effervescent qui fonctionne à plein régime. « C’est une vraie belle perspective pour les jeunes viticulteurs car l’atout commercial est considérable », assure Christel Guiraud.

©Yoann Palej

Une grande soirée le 16 novembre au musée de la Romanité
Côté financement, si personne n’a voulu évoquer le rayon des cotisations, la Fédération espère une mobilisation généreuse des instances régionales (voire européennes via France AgriMer) pour lancer le projet sur de bons rails. Côté promotion, une convention a été signée avec la Chambre d’Agriculture du Gard et le Mas des Agriculteurs. Ce dernier organise d’ailleurs une journée spéciale le samedi 2 décembre pour faire découvrir ces fameuses bulles. Toutefois, les plus curieux pourront déguster bien avant quelques cuvées estampillées « Les Bullicieuses » lors de la soirée « ReGard sur le vin » qui aura lieu le jeudi 16 novembre prochain au Musée de la Romanité à Nîmes de 18h30 à 23h. Une soirée placée sous le signe de la nouveauté puisqu’outre un bar à bulles, un bar à cocktails sera également de la partie sous l’égide de Vin De France Cocktails et de l’influenceur mixologue Monsieur Camille. Pour découvrir les premiers opus « marketés », il faudra attendre officiellement le millésime 2024. Pour en savoir plus, vous pouvez contacter le 07 49 02 21 94 ou par mail à contact@odg30.fr