(photo Vincent Curutchet / Alea)
(photo Vincent Curutchet / Alea)

A l’occasion du Vendée Globe, la France s’est découvert un nouveau héros reconnaissable à son épaisse chevelure, à son sourire abimé et à ses bons mots. Cathodique, Jean Le Cam n’a pas gagné le trophée mais le cœur des Français en sauvant un concurrent des mâchoires de la mer. Cerise sur le gâteau, le skipper montre volontiers un verre ou une bouteille de vin. Terre de Vins souhaite en savoir davantage.

À l’arrivée aux Sables-d’Olonne, on vous a surpris brandissant un verre de vin, pourquoi ?
Déjà, à moins que ce ne soit des champagnes d’exception, je suis davantage vin [ndlr : tranquille] que champagne. Et vin rouge ! A chaque fois, on me tend une bouteille de champagne mais on commence à me connaître, alors on m’amène une bouteille de champagne pour le folklore mais aussi une bouteille de vin rouge. Et un bon vin rouge…

C’est-à-dire, êtes-vous un amateur, avez-vous des vins fétiches ?
Bon, j’aime bien les bons vins, voilà. Mais je ne suis pas un grand connaisseur. En général, on essaye de ne pas montrer forcément des étiquettes, là c’était un Château Teynac 2010, un Saint-Julien, le propriétaire est un copain, il a aussi le Château Corconnac. C’est dans la rive sud de la Loire…

Très au sud, en rive gauche du bordelais dans le Médoc non ?
Voilà c’est ça. J’aime bien ce vin. Il est accessible. C’est sûr que les Angélus et compagnie, on ne crache pas dessus mais bon…

A chaque course, mettez-vous des bouteilles dans votre soute ?
Non pas tout le temps. Mais pour ce Vendée Globe, on a encapsulé, dans des bouteilles en plastique incassables, l’équivalent de trois bouteilles de 37,5 centilitres et c’était donc du Château Teynac.

Ce n’est pas beaucoup…
C’est vrai, trois demi-bouteilles pour trois mois d’autant que je donne la moitié du vin à Neptune…

Pardon ?
Bon ben ouais, je donne la moitié du vin à Neptune, c’est la tradition… Neptune c’est le dieu de la mer alors si tu veux être bien avec lui, il faut verser du vin dans la mer en espérant que le dieu aime ce vin. Du coup, ça ne fait pas lourd. Alors, j’en ouvre une à aller, une autre au retour et il m’en reste même une à l’arrivée. On boit très peu en course…

Et sur terre ?
Ah oui, un peu plus. J’aime bien les Pic Saint-Loup, enfin les bons c’est toujours pareil. Je n’aime pas trop faire de généralités, dans chaque appellation, il y a des bons et des mauvais. Ça dépend comment il est travaillé… Je ne retiens pas forcément le nom des propriétaires mais je sais que pour moi certains négociants sont fiables, je pense à Louis Jadot en Bourgogne par exemple…

Vous avez vos références…
Ah ben le vin ce n’est pas un truc facile, on peut tomber sur des trucs supers et être aussi déçu. C’est toujours une recherche. Il y a quelques années, on avait eu une bouteille avec Hubert de Boüard de Laforest d’Angélus, on lui a fait faire un tour du monde et on l’avait vendue aux enchères pour un financement participatif, un copain l’a rachetée et je lui ai fait refaire un autre tour du monde plus tard. Et là, elle était encore dans mon bateau, donc c’est son troisième tour du monde… Attention, elle était emballée dans du bullepack… J’ai aussi fait faire le tour du monde à une bouteille de champagne Taittinger… Ce n’est même pas une affaire commerciale… Elle va finir au musée Taittinger je crois…

Et des vins d’autres régions…
Ah oui, les Côtes-Rôties, les Châteauneuf-du-Pape, alors là aussi il y a à boire et à manger mais quand c’est bon… Tabarly, il était Chevalier je crois [de la confrérie] de Châteauneuf-du-Pape, alors je me souviens qu’on en buvait ensemble… Et après son décès, on a débouché d’autres bouteilles de sa cave, on a fait du tri… J’adore aussi les bourgognes mais je l’ai déjà dit… Je bois du vin à l’apéro et en mangeant…