(photo Jean-Louis Carli / Alea)
(photo Jean-Louis Carli / Alea)

Le 8 novembre à 14h30, les 33 skippers du Vendée Globe ont franchi la ligne de départ de la fameuse course en solitaire. Le monde entier avait les yeux rivés sur la Vendée, terre de marins et de vignerons. L’appellation Fiefs Vendéens date de 2011.

“5 000 visiteurs par jour” regrette Thierry Michon, vigneron à Brem-sur-Mer (85). C’est le nombre de personnes qui auraient dû venir s’amuser, s’informer et se restaurer au village du Vendée Globe aux Sables d’Olonne, s’il n’avait pas été fermé au public pour cause de reconfinement. “On aurait dû bien travailler, il y a quatre ans, on avait explosé nos chiffres” poursuit-il.

Les amateurs de voile et d’exploits humains ne viendront pas au domaine Saint-Nicolas, déguster les cuvées des Michon et remplir leur coffre. Ils n’ont pas pu participer à la grande fête du départ sur les quais des Sables-d’0lonne et de La Chaume. Mais ils étaient des millions, le dimanche 8 novembre, rivés sur leur écran à regarder l’Océan Atlantique derrière les plages de Vendée, comme tout amateur de voile depuis l’exploit de Titouan Lamazou en 1990. Le départ prévu à 13h02 a été reporté car des nappes de brumes, qui alternaient avec un soleil éclatant, empêchaient les organisateurs de voir la ligne de départ. A 14h20, la flotte des 33 monocoques de type IMOCA (60 pieds/18,288 m) s’est alors élancée dans des conditions climatiques de rêve pour un mois de novembre.

Même dépendance à la météo

Le climat, la dépendance à dame nature, c’est ce qui relie le marin et le vigneron. En fonction de la météo, il doit savoir adapter sa technique et son programme. Comme chaque traversée en solitaire, sans assistance et sans escale, chaque millésime est différent. Les vignerons de Vendée ont tout de même la chance d’être unis au sein d’un syndicat à taille humaine. Mathieu Coirier, vigneron à Pissotte, le plus petit des 5 villages de l’appellation Fiefs Vendéens, préside cette communauté dynamique. “Nous avions 3 créneaux d’exploitation sur le village du Vendée Globe, mais seule la première séance a pu avoir lieu” explique-t-il : quatre vignerons ont pu présenter le vignoble au grand public sous le Pavillon Culinaire du village, mais sans dégustation à cause de la Covid-19. Les portes-ouvertes dans les domaines qui ont lieu chaque année le deuxième week-end de novembre sont heureusement maintenues, mais dans un format limité. “Les caves seront ouvertes, les clients pourront venir et acheter du vin, mais sans toutes les animations et dégustations qui étaient au programme” regrette-t-il. Les 5 communes de Brem, Chantonnay, Mareuil, Pissotte et Vix méritent la visite.

Fiefs Vendéens, bio à 46%

Les 18 vignerons de Vendée ont à cœur de dynamiser la jeune appellation Fiefs Vendéens (2011), issue d’une dénomination “Anciens Fiefs du Cardinal” dès 1953, dont le nom évoque la puissance du Cardinal de Richelieu, évêque de Luçon. Ils sont dix à conduire leur vigne en agriculture biologique ou biodynamique, ce qui représente plus de 46% de la surface de l’appellation (418 ha revendiqués en AOC pour 2019). La production de vins rosés est majoritaire, ce qui ne surprend guère pour le 2ème département touristique de France (derrière le Var, autre pays de bateaux). Les rouges représentent environ 30% mais les relativement rares blancs sont de plus en plus prisés.

Jérémie Mourat, dont la famille possède le plus vaste domaine de Vendée, est fier de la poussée du bio en dépit de l’humidité du climat atlantique : “C’est une question de volonté, il faut se résoudre à avoir des rendements faibles et valoriser notre production. On prend des risques, on aime les challenges”. Vignerons et marins dans le même bateau.

Ci-dessous : Le bateau du biscuitier suisse La Fabrique et son skipper Alan Roura, qui était le plus jeune à partir dans l’édition de 2016