Le vin nature a enfin une définition et un label, officiellement validés par les services des fraudes (DGCCRF). Une cinquantaine de vignerons ont déjà adhéré à la proposition du jeune Syndicat de défense du vin naturel.

Il aura fallu plus de 10 ans, mais cette fois, ça y est : le vin “nature” est officiellement défini par une charte en 12 points, et un protocole de contrôle. Désormais, il faudra parler de “Vin méthode nature”. Le terme été officiellement validé en assemblée générale en février par le jeune Syndicat de défense du vin nature, présidé par le vigneron Jacques Carroget (44). Et début mars, la démarche a été officiellement validée à son tour par la DGCCRF (Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes).

“De toute façon, les vins nature existent : des gens en font, d’autres en vendent et en boivent. Il fallait donc une définition”, explique Jacques Carroget. L’urgence de trouver un cadre est devenue de plus en plus pressante au fur et à mesure que se multipliaient de “fausses” cuvées dites “nature” et la récupération marketing du phénomène. “Et vu l’ampleur du marché, les services administratifs le réclamaient aussi.”

Une définition du Vin méthode nature et des contrôles

Et finalement, c’est quoi un vin méthode nature ? Pour faire court, il s’agit d’un vin issu de raisins bio vendangés à la main, et vinifié sans intrant ni technique d’œnologie corrective. Cette définition est beaucoup plus détaillée que l’habituel “vin sans soufre” souvent trop vite évoqué. Sur le sujet du soufre, d’ailleurs, la charte est précise : “aucun sulfite ajouté avant et pendant les fermentations”, mais possibilité d’ajustement de l’ordre SO2<30mg/l H2SO4 total avant la mise, avec une étiquette dédiée.

Au-delà de la définition, cette charte propose aussi des procédures de contrôle. “Les vignerons adhérents devront produire des analyses attestant de la teneur en soufre après mise en bouteille, explique Jacques Carroget. Par ailleurs, trois domaines tirés au sort seront contrôlés chaque année notamment sur la traçabilité et la teneur en soufre.” Les cuvées validées pourront arborer la petite gommette “Vin méthode nature”. Et les fraudes pourront, le cas échéant, s’appuyer sur la définition pour contrôler et sanctionner les éventuelles tromperies au consommateur.

Pour le Syndicat de défense du vin naturel, il s’agit désormais de tester la charte, et surtout de la faire adopter par le plus de vignerons possibles. Un groupe de travail va entamer la réflexion auprès de l’INAO, mais il faudra plusieurs années de test avant que la définition, aujourd’hui démarche “privée”, devienne un cadre réglementaire. “A ce jour, nous avons une cinquantaine de vignerons adhérant à la démarche, souligne le président du syndicat de défense des vins nature. Nous espérons en avoir 500 d’ici 5 ans. Mais le syndicat regroupe également des professionnels du vin, et des consommateurs, dans une volonté d’ouverture qui nous paraît importante.” 70 cuvées du millésime 2019 seraient déjà sur les rangs de la certification (pour l’instant).

Les grands principes de la charte
– 100% des raisins issus d’une agriculture bio (Nature & Progrès, AB ou 2e année de conversion)
– vendanges manuelles
– levures indigènes
– aucun intrant
– aucune action de modification volontaire de la constitution du raisin
– aucune technique brutale
– aucun sulfite ajouté avant et pendant les fermentations (possibilité d’ajustement de l’ordre SO2<30mg/l H2SO4 total avant la mise, avec une étiquette dédiée)
– les cuvées non “Vin méthode nature” doivent être clairement identifiables (étiquetage différencié).

La charte en détail sur Facebook/syndicatVinNature