Accueil Actualités La Maison du Whisky célèbre ses 70 ans avec les plus vieux whiskys de Nikka jamais commercialisés

La Maison du Whisky célèbre ses 70 ans avec les plus vieux whiskys de Nikka jamais commercialisés

Dégustation de whisky, gamme Artist (LMDW), distilleries Miyagikyio et Yoichi, Nikka Whisky ©Jean-Michel Brouard

Auteur

Jean-Michel
Brouard

Date

16.10.2026

Partager

En cette fin d’année, la Maison du Whisky frappe un très grand coup et propose, au sein de sa gamme Artist, un ensemble absolument exceptionnel de 8 whiskys des distilleries Yoichi et Miyagikyo aux profils très singuliers, souvent hautement déroutants.

Les amateurs de whiskys savent bien que La Maison du Whisky (LMDW) est une habituée des embouteillages rares et ultra qualitatifs. Pourtant force est de reconnaître que la toute nouvelle gamme Artist frappe un très grand coup. Créée en 2011, cette dernière a pour vocation de célébrer les plus grands terroirs du whisky en mettant en vente des jus issus de fûts choisis pour leur personnalité unique. L’esprit originel a donc bien été respecté ici avec, toutefois, une première exploration japonaise. Et quel voyage flamboyant et inattendu pour les sens ! Au programme, quatre cuvées issues de la distillerie Yoichi, la première à avoir été fondée par Masataka Taketsuru sur l’île de Hokkaido en 1934, et 4 cuvées en provenance de sa petite sœur Miyagikyo fondée, elle, en 1969 sur l’île principale de Honshu, toutes habillées d’étiquettes reprenant des photographies réalisées in situ par l’artiste japonais Yoshiki Hase. Deux styles de whiskys très différents, presque opposés, qui se révèlent pourtant ici plein de surprises. De quoi étonner (et régaler) le plus chevronné des amateurs de la Maison Nikka…

Un flight à perdre la raison

Côté Miyagikyo

MIYAGIKYO 1986, vieilli 40 ans, Gamme ARTIST (LMDW) Nikka Whisky
MIYAGIKYO 2000, vieilli 25 ans, gamme ARTIST (LMDW), Nikka Whisky ©DR
MIYAGIKYO 2010, vieilli 15 ans, gamme ARTIST (LMDW), Nikka Whisky ©DR
MIYAGIKYO 2015, gamme ARTIST (LMDW), Nikka Whisky ©DR

La série débute avec un 2015 (380€ - 507 bouteilles) embouteillé à 10 ans à 55,3%. Toute la magie et la sensibilité des whiskys de la distillerie semble ici s’exprimer avec beaucoup de subtilité. Les notes de poire williams se mêlent aux épices douces dans un véritable sentiment de fraîcheur. Derrière sa robe dorée, des touches de fruits secs franches s’imposent, ce whisky offrant beaucoup d’allant en bouche et une allonge suspendue.

S’ensuit alors un 2010 vieilli 15 ans à 58,8% (890€). 204 bouteilles seulement d’un jus vieilli en fût de porto (rare chez Nikka) à la teinte ambrée et au caractère bien trempé s’exprimant immédiatement avec force. Bois précieux, citron confit, notes cuisinées, marsipan, fin élan toasté/grillé. Une personnalité folle, aussi sphérique au nez que dirigé et énergique en bouche.

De son élevage en fût d’oloroso, le 2000 (2900€ - 425 bouteilles)embouteillé à 60% a pris une teinte acajou étincelante. Un whisky superlatif et totalement déroutant. Fruits secs, touche fumée et médicinale qui laisserait penser davantage à Yoichi ! Cette caresse fumée guide la dégustation plus qu’elle ne la domine, s’imposant toutefois plus nettement en bouche avec un côté suie immédiat qui s’acoquine ensuite d’un confort d’agrumes confits, de cacao, de praliné. Finale très longue et sphérique.

Et enfin une rareté absolue, le 1986 (9900€ - 174 bouteilles), un 40 ans à 58,9% jamais proposé auparavant, ces whiskys servant normalement uniquement pour sublimer les assemblages. Quelle puissance pour ce whisky vieilli dans un fût puncheon de chêne neuf américain ! Un festival guidé par une légère tourbe. De premières notes amyliques laissent ensuite percevoir une touche florale, une douce pointe lardée puis une légère coco grillée, de la pâte d’arachide, des agrumes confits, des épices et une touche oxydative. C’est stratosphérique, tout simplement.

Côté Yoichi

Le 2015 (380€ - 471 bouteilles) vieilli en fût puncheon de chêne américain et embouteillé à 63,1% constitue un parfait miroir au 10 ans de Miyagikyo. Surprenant par son côté extrêmement suave, rond, floral et évoquant l’eau de riz. La tourbe tant attendue arrive à pas feutrés puis s’impose crescendo, distillant notes lardées, puis médicinales, terreuses et racinaires. Camphre et abricot se marient harmonieusement sur la finale.

Le 2005 (3500€ - 297 bouteilles) surprend immédiatement par son vieillissement en fût de mizunara, une rareté chez Nikka bien plus commune chez l’éternel rival Suntory ! Difficile de ne pas succomber à son nez contenu de cèdre frais, de bouillon de bonite. La fine sucrosité d’attaque dévoile une grande rondeur énergisée par des notes franches de poivre puis médicinales et de chocolat noir. Le tout dynamisé par une pointe d’amertume finale.

L’ovni de toute cette série Artist est sans aucun doute le 1991 (7500€ - 144 bouteilles), un whisky de 33 ans embouteillé à 65,4% à la robe noire comme de l’encre à travers laquelle la lumière semble bloquée. Un whisky hors normes, évoquant tour à tour l’allumette craquée, la sauce soja, le goudron et même le blanc d’œuf grillé. On l’imagine bien épais en bouche et pourtant il s’avère fluide et dirigé, très acéré et s’étirant longuement sur une note de poudre de charbon. Totalement fou !

Et pour terminer, une autre absolue rareté, le 1986 (18 900€ - 39 bouteilles), un whisky de 40 ans vieilli en fût hogshead, le plus ancien jamais embouteillé à ce jour par la distillerie. Il impose immédiatement son intensité camphrée, laissant échapper un élan de gelée de coing, avant de mieux se recentrer en bouche sur des notes de chèvre sec, un univers médicinal omniprésent, une touche mentholée, de l’encaustique, des épices (muscade, cannelle) … Un autre monde, une émotion rare.