©Architecture studio
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En 2024, la Chine comptera elle aussi sa Cité du Vin dans la province de Fangshan. Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un partenariat fort noué avec la Cité du Vin bordelaise. Entretien avec Philippe Massol, son directeur général

Quel est le cheminement qui a permis ce partenariat ? Quels ont été vos interlocuteurs ?

Il y a quatre ans, le sénateur girondin Gérard César est venu visiter la Cité du Vin avec Weixing Tang. Ce dernier, homme d’affaires chevronné et francophile averti, habite entre Pékin et Paris. Il produit du vin en culture biologique depuis une vingtaine d’années sur le district de Fangshan, aux portes de Pékin. Après sa venue, il a émis la volonté d’installer un équipement culturel sur sa propriété afin d’apporter des clés de compréhension du vin à la population locale. Assez rapidement, le projet a intéressé la ville de Pékin qui va en devenir le maître d’œuvres, donnant une ambition supplémentaire au projet. La société de Mr. Tang conserve pour autant l’exploitation du musée.

Comment a été pensé l’alter-ego chinois de la Cité du Vin ? À quoi ressemblera-t-il ?

Comme à Bordeaux, l’objectif est de rendre accessible au plus grand nombre la dimension culturelle du vin. Il y a pour autant quelques différences, à commencer par la clientèle. Les connaissances des visiteurs chinois ne sont pas les mêmes que ceux qui nous rendent visite à Bordeaux. Il a également fallu prendre en compte les attitudes et les goûts asiatiques. La visite se déroulera au fil de cinq grandes thématiques : la fabrication du vin, son histoire, sa place dans le monde, ses essences et enfin l’art de vivre qui en découle. Un parallèle passionnant et inédit est notamment dressé entre l’histoire du vin en Occident et en Chine.

À qui s’adresse cette nouvelle offre en Chine ?

Il y a une véritable volonté de l’Etat chinois d’éduquer sa population au vin, notamment pour réduire la consommation d’alcool de riz. Ce lieu est l’une des figures de proue de cette ambition.

Sous quelle forme le lien qui unit Bordeaux et Fangshan s’inscrira-t-il dans la durée ?

Dès le départ, l’intention des différents partenaires était de fonder un lien durable entre les deux cités. Ces échanges se font donc au stade de la construction mais vont se prolonger sur le long terme. On peut imaginer que les expositions et les conférences présentées à Bordeaux soient également proposées pour la Chine, et inversement. On souhaite qu’il y ait un lien permanent dans la programmation culturelle.

Quelle sera la place réservée aux vins de Bordeaux dans ce nouveau musée ?

Bordeaux aura une place conforme à son importance dans le monde du vin. On peut donc imaginer une visibilité forte du vignoble girondin dans le cadre de cette nouvelle structure.

Quelles sont les ambitions projetées à travers un tel projet pour votre institution ?

La Cité du Vin est portée par une fondation reconnue d’utilité publique dont l’objet est de rendre accessible au plus grand nombre la dimension culturelle du vin. Ce projet intègre parfaitement ces objectifs. Nous espérons d’ailleurs pouvoir multiplier ces démarches, notamment à travers une sorte de partenariat récemment conclu avec l’OIV (Organisation internationale du vin).

Quelles sont les prochaines échéances ?

Le bâtiment sera terminé à la fin de cette année. La partie scénographique en est au stade d’avant-projet définitif, on va choisir dans les semaines qui viennent le consortium franco-chinois qui va réaliser les productions multimédias. L’ouverture définitive est prévue en mai 2024.

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