D. Cujives, J. Boueilh, Ch. Bou, P. Fabre ©F. Hermine
D. Cujives, J. Boueilh, Ch. Bou, P. Fabre ©F. Hermine

L’interprofession des vins du Sud-Ouest a signé à Bruxelles son adhésion au réseau européen «  Iter Vitis, Les Chemins de la Vigne » pour mieux valoriser l’offre œnotouristique sur l’ensemble de son territoire viticole.

Les Vignobles du Sud-Ouest font un petit pas supplémentaire vers l’œnotourisme, un grand pas pour construire l’Europe du vin en intégrant les Routes Culturelles de l’Europe. La première a suivi les chemins de Saint-Jacques de Compostelle, les dernières – elles sont désormais une cinquantaine, auront pour thème les femmes romancières ou les contes de fées. Le Sud-Ouest est le premier bassin viticole à rejoindre le réseau « Iter Vitis, Les Chemins de la Vigne » reconnaissant le vin comme identité européenne. « Avant, nous travaillions avec des vignobles plutôt par appellation comme Gaillac, Cahors, Marcillac…explique la présidente Europe d’Iter Vitis, Emanuela Panke. La reconnaissance de tout un bassin viticole comme le Sud-Ouest avec autant d’identités et de diversités, véritable continent du vin avec plus de 200 cépages dont 130 autochtones, va offrir davantage d’opportunités de construire l’Europe du Vin, de mettre en exergue tous les éléments du vignoble, de regrouper des acteurs qui s’engagent sur le patrimoine viticole mais également culturel et paysager. Car il ne s’agit pas de créer un Lunapark du Vin mais de faciliter les échanges entre les 45 pays concernés par la fédération Iter Vitis au-delà des frontières de l’Europe et des problèmes politiques ». L’objectif est d’aider les pays et les régions à travailler ensemble sur le patrimoine matériel et immatériel en lien avec la vigne et de proposer aux visiteurs de nombreuses expériences y compris à ceux qui ne boivent pas de vin. Ainsi une visite de monastère permet d’expliquer la diffusion de la vigne par les moines, notamment en retraçant les chemins de Saint-Jacques, des manuscrits ou une tapisserie dans un château ou une bibliothèque témoignent du commerce du vin, des outils dans un musée ou des vestiges attestent d’une tradition ou d’une technique viticole, la navigation sur le Canal du Midi suit l’histoire du transport du vin dans toute l’Europe… Iter Vitis s’appuiera également sur les sites classés patrimoine de l’Unesco (Conques, Albi, Toulouse, Moissac…) et une chaire sur la patrimonialisation de la vigne est en réflexion.

Impulser une dynamique

Pour la signature de cette reconnaissance au sein du Parlement Européen à Bruxelles, élus de la vigne et du territoire étaient présents. Aux côtés des représentants d’Iter Vitis, Emanuela Panke et le président France, Didier Cujives, ceux des vignobles du Sud-Ouest, les co-présidents Joël Boueilh et Christophe Bou et le directeur Paul Fabre, et deux députés européens du Sud-Ouest engagés sur les dossiers viticoles, Éric Andrieu et Irène Tolleret. « Iter Vitis nous avait proposé de les rejoindre il y a cinq ans mais à l’époque, nous n’avions pas de réelle politique d’œnotourisme, avoue Paul Fabre. L’idée a fait son chemin, notamment en s’appuyant sur la dizaine de régions désormais labellisées Vignobles & Decouvertes dans le Sud-Ouest qui ont permis de qualifier l’offre et en travaillant également avec les Chemins de Saint-Jacques. Cela va permettre d’impulser une dynamique, d’échanger des idées ». Et pour cela, les acteurs de l’œnotourisme et du territoire doivent devenir indissociables, « en cherchant à la fois des synergies et des éléments de différenciation, en travaillant sur des réseaux multiproduits, sur les formations, en identifiant des cibles précises… » précise le député Eric Andrieu.

L’équipe Sud-Ouest et Iter Vitis ©F. Hermine

Des échanges sous une bannière commune

Paul Fabre compte justement entrainer sous la bannière commune de « Iter Vitis, Les Chemins de la Vigne »  toutes les appellations du bassin viticole (16 AOP et 12 IGP), plus de 500 ha entre l’Océan Atlantique, le Pays basque, Les Pyrénées et le Massif Central, à cheval entre Occitanie et Nouvelle-Aquitaine. Une impulsion qui se traduira dès cet été par une série de conférences-dégustations sur le thème De la Saint-Jacques à la Saint-Vincent » dans les vignobles d’Irouléguy, d’Estaing, de Gaillac, du Gers, de Fronton et du Lot. Elles rassembleront les acteurs locaux du tissu économique et associatif, de la filière et des collectivités. « Cette reconnaissance permettra de donner un coup de projecteur important sur le bassin viticole, comme l’a été en 2018 la nomination de « région viticole de l’année » par le Wine Enthousiast aux Etats-Unis, des valorisations qui n’auraient pas pu se faire pour une seule appellation » conclut Paul Fabre. Des outils communs de communication (site, brochures, hors-séries…)  permettront déjà de valoriser l’offre existante en partenariat avec les Comités Départementaux du Tourisme pour sensibiliser le grand public, sur les salons pour les professionnels du tourisme. D’ici la fin de l’année, la création d’un événement spécifique Chemins de la Vigne et Chemins de Saint-Jacques devrait être étudié pour tout le territoire du Sud-Ouest avec l’ensemble des partenaires.

©F. Hermine