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N’importe quel verre, pour n’importe quel vin ?

Auteur

La
rédaction

Date

15.12.2013

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Certainement pas, Riedel le prouvait lors d’une masterclass organisée hier après-midi à l’occasion de Bordeaux Tasting. Pour les sceptiques, vous avez encore une chance de le vérifier aujourd’hui à 17h30 : une deuxième masterclass « De l’importance des verres dans la dégustation 3 cépages, 3 verres » aura lieu.

L’exercice est enfantin. Trois verres avec un cépage dominant, trois verres et on goûte. Mais avant tout ça, de l’eau minérale. Le résultat est étonnant en bouche, les volumes sont légèrement différents, mais on demande à voir la suite.

Lorsque le pinot noir de la maison Albert Bichot est servi dans les trois verres, le silence règne dans cette magnifique salle de masterclass à l’étage du palais de la Bourse de Bordeaux, investie dix minutes plus tôt par les voix célestes des chanteuses d’opéra. Au nez, incontestablement, on va naturellement vers le verre aux rebords évasés, le verre « pinot noir » qui exprime un fruit délicat, tandis que des arômes végétaux ressortent davantage sur le verre « Syrah » et que le vin se perd dans l’immensité du verre « Bordeaux ».

Le show continue et l’expérience se confirme. La syrah du domaine Colombo trouve naturellement sa place dans son verre homonyme, tandis qu’elle révèle davantage d’alcool dans le verre « Pinot » et se devient amère dans le verre « Bordeaux ». Dans la salle, des exclamations. « Cela est passionnant, mais en même temps terrifiant », s’étonne un amateur en riant. « Devra-t-on changer toute notre vaisselle en sortant ? »

Cette dégustation, assez bluffante, « change la vie des amateurs présents » explique Philippe Guillon, le directeur Europe de Riedel. « Je fais cette dégustation toutes les semaines, et c’est toujours pareil. Il faut prêcher la bonne parole auprès des amateurs, surtout en France où nous sommes des enfants gâtés du vin en termes de terroirs et de cépages, mais complètement nuls en service de verres, surtout dans les restaurants ».

L’Amiral de Beychevelle 2010 enfonce définitivement le clou, chacun comprend vite que les tanins du cabernet sauvignon ont besoin d’espace et d’air, surtout jeunes, et que seul le verre « bordeaux » le permet.

Le petit secret pour ceux qui n’ont pas envie de collectionner tous les verres qui existent : « préférez un verre à eau, fin et spacieux, que des petits verres ballons avec un bourrelet, que l’on nous sert malheureusement trop souvent dans les restaurants français » explique Philippe Guillon aux élèves attentifs. « Le mieux, c’est même de dire au patron du restaurant qu’on préfère boire de la bière, si il ne nous sert pas le vin dans des verres adéquats ! ».

L.G.

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