Le célèbre domaine de Cahors a investi à quelques dizaines de kilomètres plus au nord et redonne vie depuis plusieurs années à un ancien vignoble disparu.

Alain Dominique Perrin fait partie de ces personnages qui comptent dans le monde du vin hexagonal. Cet homme d’affaires, grand mécène et amateur d’art (il est aujourd’hui président de la fondation Cartier pour l’art contemporain ainsi que du musée du Jeu de Paume à Paris) est tombé amoureux dans les années 1980 du château Lagrézette. Après une trentaine d’années, cette propriété a retrouvé ses lettres de noblesse et s’affirme de nouveau comme une valeur sûre de l’appellation Cahors. Le malbec, dense et profond, y est évidemment le cépage roi. C’est peut-être aussi l’envie de travailler un cépage totalement différent, le viognier, qui a conduit Alain Dominique à investir de nouveau en 2001 à Rocamadour, région plus célèbre pour ses beautés architecturales et naturelles.
Depuis plus de 15 ans, le domaine de Rocamadour a donc fait l’objet de toutes les attentions pour parvenir à redonner vie à un vignoble qui avait disparu. Mais contrairement à la plupart des domaines installés sur l’IGP Côtes du Lot (230 producteurs se répartissent sur 600 hectares de vignes) et qui produisent essentiellement des vins rouges (60%) et des vins rosés (35%), ce sont des vins blancs qui sont ici élaborés.

Un vin liquoreux tout en délicatesse

Deux vins sont produits sur ces parcelles de Rocamadour. Un premier vin, les « Petites Merveilles », est issu d’un assemblage de viognier et de chardonnay. L’œnologue conseil qui veille à la destinée de cette cuvée n’est autre que Michel Rolland, déjà à l’origine de la renaissance du château Lagrézette en 1988. Dans la partie la plus ancienne du vignoble, sur un terroir argilo-calcaire, le domaine de Rocamadour produit en faible quantité (3000 bouteilles de 50cl seulement !) un vin liquoreux original. Ce 100% viognier dénommé « Merveille de Lilas » (60€) est un exemple de vin doux moyennement complexe mais doté d’un très bel équilibre. Si la puissance aromatique du viognier apparaît contenue au nez, évoquant toutefois les fruits jaunes ainsi que les fleurs, c’est la bouche qui surprend le plus. La sucrosité du vin est très fine et s’avère appréciable en fin de repas. Les quelques pointes exotiques et florales s’accordent en effet bien sur une tarte aux fruits et permettent de l’accompagner en légèreté. Pour les mêmes raisons, on peut tout à fait imaginer cette cuvée en début de repas sur du foie gras car elle n’apportera aucune lourdeur et permettra ainsi de ne pas saturer trop tôt les papilles des convives. Une manière originale de découvrir Rocamadour par son terroir avant, peut-être, d’aller explorer in situ ce coin de France exceptionnel.