Le syndicat de l’AOP Picpoul de Pinet, l’appellation la plus exportatrice du Languedoc, vient de recruter une coordinatrice. Céleste Renault, juriste de formation, va travailler avec les vignerons et le conseil d’administration pour valoriser l’AOP et relever les défis d’aujourd’hui.

“Une incroyable diversité de terroirs et une belle variété de personnalités” : c’est la première impression de Céleste Renault, la coordinatrice recrutée par l’AOP Picpoul de Pinet pour cette création de poste. Originaire du Sud-Ouest, elle s’est spécialisée en droit international et droit des vins et spiritueux. Elle aime les vignes et a approfondi sa connaissance du vin en travaillant dans un bar à vins. Son stage de spécialisation au syndicat des vignobles de la Côte Vermeille, lui a permis de mesurer la force du collectif et de découvrir, pendant six mois, les multiples facettes du métier dans une petite structure. La juriste de 23 ans a été attirée par ce poste dans “une superbe appellation, en plein essor, qui a envie de se faire connaitre”, explique-t-elle.

Le syndicat de l’AOP Picpoul de Pinet a décidé de se doter d’une coordinatrice pour accompagner l’essor de l’appellation et faire face aux défis du moment, des changements climatiques aux bouleversements sur les marchés d’exportation qui comptent pour 2/3 des ventes de Picpoul de Pinet.
Le projet a été impulsé par Guy Bascou, l’ancien président de l’appellation pendant 20 ans et appuyé par Frédéric Sumien, le président actuel et les vignerons. L’AOP Picpoul de Pinet est en effet la plus grande appellation en blanc du Languedoc, qui a communiqué dès 1995, avec un slogan fort : “son terroir c’est la mer”. Sec, vif et aromatique, le Picpoul de Pinet s’est positionné comme le vin du Languedoc pour les coquillages, dont les huîtres de l’étang de Thau. Sa bouteille syndicale, la Neptune, fine et verte, est très repérable. L’appellation a travaillé avec la distribution et le négoce, en France comme à l’international. Les britanniques sont particulièrement friands de Picpoul de Pinet et représentent un tiers des ventes, la France, un tiers, le reste du monde, un tiers.

Depuis sa prise de poste le 22 mars 2021, Céleste Renault a été à la rencontre de toutes les caves sur le terroir, et fait le constat d’une “appellation qualitative, très homogène, qui sait se remettre en question et innover”. Elle arrive dans un moment de transition, constate-t-elle. Les ventes se sont bien maintenues dans cette année difficile, le Brexit n’a pas trop impacté le stratégique marché britannique, les taxes Trump non plus. “Il faut maintenir la position avec une bonne communication, valoriser le produit à l’international et diversifier les marchés”, analyse-t-elle. Elle supervise la communication, travaille à la refonte du site web et à la présence renforcée sur les réseaux sociaux.

L’appellation va aussi faire connaitre son nouveau Picpoul “de garde”, doté de sa bouteille spécifique et du joli nom de “cuvée patience”. Ce savoir-faire permet de compléter la gamme (avec un prix à partir de 12 €). Par exemple, la cave de l’Ormarine vient de commercialiser sa nouvelle cuvée Acaciae, élevée sur lies fines puis quatre mois en fût d’acacia. Huit caves de l’appellation (4 coopératives et 4 indépendantes) proposent une “cuvée patience”.

Céleste Renault va aussi travailler à l’animation interne de l’appellation et suivre les dossiers d’actualité, tels les cépages résistants et la ligne de TGV Montpellier-Perpignan. Elle va traverser l’appellation et concerne de nombreux viticulteurs. Défense et promotion, deux missions clés pour la nouvelle coordinatrice du syndicat de l’AOP Picpoul de Pinet.

AOP Picpoul de Pinet, chiffres clés
– 1 unique cépage, le piquepoul blanc
– AOC depuis 2013
– 10 millions de bouteilles par an
– 1500 hectares en production
– 6 communes sur l’Hérault autour de l’étang de Thau, avec vue sur la mer Méditerranée (Castelnau-de-Guers, Florensac, Mèze, Montagnac, Pinet et Pomérol)
– 4 caves coopératives et 24 caves particulières
– 80% de l’exportation de vins blancs du Languedoc