Voici un événement qui va marquer la planète champagne ! Bollinger a décidé de sortir une cuvée célébrant son ADN fortement empreint de pinot noir et révélant les plus beaux atours de ses crus.

Lorsque l’on s’inscrit dans l’histoire viticole d’une région depuis près de 200 ans, il n’est pas question de précipiter les choses. La force de l’ancrage provient de la sérénité de la réflexion. Ce sont donc 12 ans qui se sont écoulés depuis la dernière création de la maison, le Bollinger rosé en 2008. 12 ans, autant que le cycle de Jupiter, le Dieu de la terre et du ciel, un bien joli symbole. Et c’est en 2015 que le chef de caves Gilles Descôtes va initier une approche nouvelle, faite d’individualité dans la collégialité. En somme, chaque membre de l’équipe de dégustation, dont Denis Bunner son adjoint, a été sollicité pour noircir une page blanche avec le seul pinot noir comme contrainte et sur un multi-millésimes. Le choix des possibles s’est alors avéré immense pour chacune des parties prenantes à cette compétition bien amicale : crus à mettre en avant dans l’assemblage, part des vins vinifiés sous bois et en cuve inox, proportion de vins de réserve en magnum…

La première édition de cette nouvelle cuvée devant refléter majoritairement la typicité particulière d’un cru produit en 2015, elle aurait pu tout autant être à dominante d’Aÿ, de Verzenay, de Tauxières, de Bouzy, de Louvois ou bien encore d’Avenay, les principaux crus de pinot noir où est présente la Maison (104 ha des 178ha qu’elle possède sont des premiers et grands crus de pinot noir). Et finalement, c’est l’assemblage proposé par le chef de cave en personne qui va emporter la majorité des suffrages. Avec un parti pris, celui de mettre en exergue la vivacité et la salinité des raisins de Verzenay, des caractéristiques constantes année après année, qu’elles soient froides ou plutôt chaudes comme ici.

PNVZ15, un nom digne de 007

Pour un nom de code, en voici un qui irait comme un gant à 007. Mystérieux, il l’est suffisamment pour attirer l’attention des amateurs en quête d’une connaissance approfondie de la singularité des terroirs champenois. PN pour pinot noir donc, VZ pour Verzenay et 15 pour l’année dominante de l’assemblage. Un clin d’œil aux mêmes codes utilisés en caves pour distinguer les différentes origines des vins. Et en filigrane de ces grandes lignes, une alchimie toute champenoise pour composer la magie de ce nouveau vin. 3 autres crus ont ainsi eu droit de cité dans cette cuvée : Bouzy, Aÿ et Tauxières comptant pour la moitié de la cuvée. 50% des vins ont en outre été vinifiés sous bois. Un équilibre parfait entre les 25% que l’on retrouve dans la Spéciale Cuvée et les 100% qui façonnent la Grande Année. 4 crus… et 4 années. En effet, outre le majoritaire 2015, une grande synergie existe avec les vins de réserve de 2014 vinifiés inox et les 20% de vins de réservé ayant vieilli en magnum. Des “bombes aromatiques”, pour reprendre les dires du Directeur Général Charles-Armand de Belenet, qui ont inspiré Gilles Descôtes notamment pour la vibration épicée qu’ils apportent. L’essentiel de ces magnums sont des vins de réserve de 2009 complétés par une petite part de 2010. 10 ans d’évolution lente qui ont fourni une patine et une complexité aromatique absolument singulières. Écorce d’orange, amandes, notes toastées, compotée de fruits jaunes, épices douces… Le voyage olfactif se retrouve dans la cuvée finale qui offre un bouquet admirable, une présence toute particulière en bouche et une rémanence propre aux très grands vins. L’objectif est donc atteint. Charles-Armand rappelle que l’envie, avec cette nouvelle aventure, était de pouvoir offrir un vin de forte personnalité et complexe dans la lignée des superbes mais chères et très rares Vieilles Vignes Françaises, le tout dans des quantités plus promptes à satisfaire un large public d’amateurs. A 80-90€ (le prix public n’a pas encore été officiellement annoncé), voici un vin qui va rapidement s’imposer comme une évidence parmi les grands champagnes. Un vin appelé à être sorti chaque année, toujours avec le même processus de sélection et donc avec une personnalité sans cesse changeante mais toujours au plus près de la vérité du pinot noir selon Bollinger.