A quelques jours du début officiel des primeurs à Bordeaux, le propriétaire du château Mayne Lalande (Listrac) lance un appel pour faire taire les rumeurs persistantes sur ce millésime. Et invite à lui laisser sa chance.

« Il ne faut pas généraliser en disant “ce millésime est médiocre”. Il a des points forts et des points faibles, comme les autres années. » Bernard Lartigue (château Mayne Lalande à Listrac) est lassé des rumeurs condamnant le millésime 2013 dans l’œuf. A une semaine du début des primeurs bordelais, le propriétaire appelle les dégustateurs à garder l’esprit ouvert. Et à ne pas juger le millésime avant de l’avoir goûté.

Avec des conditions climatiques difficiles, 2013 n’a pas été une année facile, personne ne l’ignore. Le viticulteur le concède : « ce fut un combat de chaque jour. Nous avons dû redoubler d’attention et d’exigences pour obtenir des vins de qualité. » Avec une pluviométrie excessive, la nature n’a pas facilité la tâche des viticulteurs. Mais « grâce à l’évolution technique, on a sauvé ce millésime. Auparavant, ces défauts auraient été rédhibitoires » tempère Bernard Lartigue. Des propos négatifs infondés, Bernard Lartigue ne veut plus en entendre. « Un tel discours n’est pas le fruit de réactions objectives et concrètes de la part de la production. Il a de lourdes conséquences. Il entraîne toute une filière dans la mauvaise direction » se désole le viticulteur.

Pour le propriétaire de Listrac, le millésime 2013 est « équilibré, fruité et élégant ». Des vins « un peu plus acides que les autres années, proches de ce qui se faisait autrefois à Bordeaux. Ils pourraient bien s’avérer supérieurs en qualité à 2011 et 2012 » précise Bernard Lartigue.

Quel juste prix pour le millésime 2013 ?

« Si le prix du millésime est fixé en adéquation avec la qualité, ces vins ont un réel potentiel marchand » affirme Bernard Lartigue. Côté prix justement, le propriétaire a son idée sur la question. « Les premiers prix, les Bordeaux/Bordeaux supérieurs de 4 à 20 €, pourraient augmenter de 20 à 30% par rapport à 2012 » selon lui. En cause, les volumes moindres dus à la sélection accrue des baies. « Ce qui est rare est cher ! » s’exclame le viticulteur. Et côté grands crus classés, « une baisse des prix serait bienvenue, les clients y seraient sensibles » explique-t-il.
Le millésime 2013 sera dégusté en primeurs dans le Bordelais du 31 mars au 6 avril prochains.

Laura Bernaulte