Les vins bio, nature et biodynamiques étaient regroupés dans un pavillon (photos I. Bachelard)
Les vins bio, nature et biodynamiques étaient regroupés dans un pavillon (photos I. Bachelard)

Loin du vignoble, le salon ProWein (19-21 mars) a comme chaque année attiré en Allemagne un peu plus de professionnels du vin : 58 500 visiteurs se sont pressés pour déguster, négocier et acheter la production de 6 500 exposants venus de 60 pays.

Chaque année depuis 1994, lorsque les jonquilles laissent éclater leur jaune pimpant au bord des avenues de Düsseldorf, capitale de la Rhénanie du Nord – Wesphalie, le salon ProWein accueille le monde du vin à grande échelle. Rival avéré de Vinexpo qui a lieu tous les deux ans à Bordeaux, il est aussi strictement professionnel. Cette année il a attiré 58 500 acheteurs, c’est à dire 17% de plus que Bordeaux, mais c’est surtout le nombre d’exposants qui donne le tournis. S’il n’y a « que » 6 500 exposants, c’est que les places sont limitées et la liste d’attente longue pour obtenir un stand. On comprend que nombre de producteurs se groupent ou sont heureux de s’installer sur le stand de leur importateur. Quant aux visiteurs, des acheteurs venus pour plus de la moitié de l’étranger, ils doivent s’armer de bonnes chaussures pour visiter les 9 pavillons qui s’étalent sur plus de 68 000 m2.

Une variété de produits incroyable

L’intérêt de ProWein est de réunir dans un même lieu, en début d’année lorsque la dernière récolte peut se goûter et se commercialiser, une variété immense de vins, spiritueux et même quelques originalités. Parmi les 60 pays représentés, il y a une majorité de producteurs italiens (1 600) et français (1 500), une vaste zone réservée au bio, une confortable « Champagne Lounge », les présentations des lauréats de différents concours, les dégustations des crus bourgeois et celle de l’Union des grands crus de Bordeaux.

Ci-dessous : Le vin peu alcoolisé ou désalcoolisé a ses adeptes

Mais on fait aussi de drôles de découvertes, comme les vins désalcoolisés « Night Orient » ou « Barrels & Drums », à faible degré de « Three Monkeys », élaboré en Espagne par une entreprise suédoise pour un public jeune, la production de « 1750 » une micro winery de 4 ha située en Bolivie à 1750 m d’altitude, les vins de cerise ou de pomme « Cold Hand Winery » vinifiés sur la fraîche côte du Danemark et même les bières aux moûts de raisin, Josten & Klein / Wildbuchs Brauwerk en Allemagne et Verdus en Bordelais.

Un salon efficace

Le succès de ProWein est dû à sa rentabilité pour l’exposant comme pour l’acheteur. Le premier travaille largement en amont pour faire venir clients et prospects, le second fait son marché pour l’année en enchaînant rendez-vous sur rendez-vous. Jacques Tranier, directeur de Vinovalie, groupement de coopératives du Sud-Ouest, se réjouit de voir doubler ses ventes auprès d’un client russe rencontré l’an dernier. En tant que président de « Marques & Coop », le club qui regroupe les plus belles cuvées de 12 caves coopératives françaises, il voit aussi dans le salon l’occasion pour ses membres de rencontrer les prescripteurs locaux, leur faire découvrir les vins et la philosophie du club, qui prône, à l’opposé de l’individualisme habituel, le partage des connaissances et les valeurs humaines.

Bien sûr, Prowein se décentralise comme tous les salons. Prochains rendez-vous à Hong Kong et Shanghai, avant mars 2018 à Düsseldorf.

Ci-dessous : Visiteurs et exposants viennent de tous les coins du monde (Chine)