L’interprofession des vins d’Alsace a entrepris dès le 2 mai une immense campagne de promotion. Cette réaction dynamique à la crise de la Covid-19 se propage de bus en gare en passant par la presse et le métro avec de beaux portraits de vignerons.

“Suis-je à la gare de l’Est ?” se sont demandé plus d’un voyageur depuis la réouverture des gares SNCF dans le courant du mois de mai. Parfois oui, souvent non. La campagne d’affichage des vins d’Alsace se trouve dans toutes les gares, et pas seulement celles qui mènent directement à Strasbourg, Colmar ou Mulhouse. Elle se déploie aussi sur les bus, dans la presse, dans le métro parisien, à Grenoble comme à Rennes.

D’authentiques vignerons sur les photos

Photos en noir et blanc soulignés d’un bandeau doré, les portraits de vignerons qui couvrent la France depuis le 2 mai ont déjà frappé beaucoup de Français. Il ne s’agit pas de comédiens puisque de toute façon, la loi Evin l’empêche, mais d’authentiques vignerons, avec une citation personnelle comme “Vous avez du nez… Vous sentez bien que vous pouvez changer les choses” ou “Vous aussi, vous avez l’esprit de famille ? Derrière nous, il y en a des centaines”. En bas de l’affiche, la même phrase revient, avec une typographie maline qui permet deux lectures : de loin vous lisez “Vous aussi, soutenez la viticulture” et si vous vous approchez vous êtes invités à choisir le vin d’Alsace, puisque c’est “par votre choix” que vous soutiendrez la viticulture “alsacienne”.

Une réaction rapide pour rebondir

L’Alsace et le grand Est ont été les premières régions françaises à être touchées par la pandémie ; l’Alsace a été le premier vignoble de France à réagir de façon stratégique et massive, bien avant le déconfinement. Philippe Bouvet, directeur marketing du CIVA, Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace, explique que rien n’était prémédité : “A l’annonce du confinement pour le 17 mars, nous avons dû gérer de nombreuses urgences pratiques, les annulations de programme, en plus de la mise en place du télétravail et des mesures de protections dans le vignoble. Mais avant même le début d’avril, nous nous sommes mis à réfléchir, conscients qu’il fallait trouver des solutions”. Il était aussi conscient que le budget du CIVA n’étant pas extensible, il fallait mettre tout le monde à contribution.

Chacun peut être « acteur »

L’Interprofession s’est donc tournée directement vers ses adhérents, tous les vignerons et négociants d’Alsace, car il n’y avait ni le temps ni l’argent pour faire appel à des agences. La réponse des producteurs a été franche et massive, pas moins de 150 d’entre eux se sont connectés aux deux webinaires en visioconférence qui expliquait le projet de rebond imaginé par le CIVA. “A la fin d’une séance, nous avons demandé à ceux qui étaient partants de nous envoyer une photo d’eux” précise Philippe Bouvet
. Les réponses, accompagnées de citations et autres “accroches” ont afflué, au moins une soixantaine.

C’est ainsi qu’apparaissent aujourd’hui ces affiches 100% alsaciennes, qui semblent atteindre leur objectif de toucher tout le monde et dans une multitude de situation. Elles savent déclencher une émotion, une prise de conscience et démontrent que chacun peut être “acteur”.