(photos F. Hermine)
(photos F. Hermine)

On embarque pour une escale Explore Cognac avec la coopérative de l’île de Ré qui a ouvert un nouveau caveau et développé des activités œnotouristiques pour faire savoir que l’on produit vins, pineaux et cognacs dans cette île charentaise.

« Les touristes viennent à l’île de Ré pour se baigner sur les plages ou pour faire du vélo mais ils ne savent pas qu’on y produit du vin [en IGP Pays Charentais] et encore moins du cognac », déplore Stéphane Thomas en charge de l’œnotourisme à la coopérative Uniré. Celle-ci a donc décidé de le faire savoir en s’offrant un nouveau caveau de 350 m2 et en embauchant un sommelier. La coopérative, longtemps producteur monopolistique dans l’île (jusqu’en 2018), compte toujours une quarantaine d’adhérents sur 500 hectares plantés pour moitié en ugni blanc (destiné à l’élaboration du cognac et du pineau), le reste en sauvignon, chardonnay et colombard pour les blancs, merlot, cabernets et négrette pour rouges et rosés (une bouteille sur deux est vendue en rosé, 30% en blancs, le reste en rouge pour une production d’environ 1 million de bouteilles par an). Priorité avait d’abord été donnée aux investissements dans une nouvelle salle des pressoirs, une chaîne d’embouteillage et une réorganisation de la réception des vendanges. « Il y avait déjà des visites de caves mais inadéquates sur un lieu de travail au milieu des pressoirs. Nous avons donc axé le parcours sur la distillerie autour de l’alambic de 120 hl, l’un des plus grands de la région, et dans les chais de vieillissement qui abritent les pineaux et cognacs d’Uniré mais également ceux de la maison Camus dont une partie est stockée au fort Vauban La Prée ».

Au comptoir, à vélo ou à cheval

Après avoir perfectionné ses connaissances en eaux-de-vie et pineaux, Stéphane Thomas s’est attelé à développer l’œnotourisme et la présence de la coopérative sur les réseaux sociaux. L’ancien caveau, refait à neuf avec comptoir à dégustation, a été reconverti en salle de dégustation et de séminaires pour développer l’activité auprès des entreprises de la région avec des ateliers de dégustation et de mixologie. Outre les dégustations après chaque visite, l’animateur-sommelier y a mis en place, dans le cadre des expériences Explore Cognac, des initiations aux accords mets-pineau-cognac avec saucisson, fromage de chèvre et chocolat à la fleur de sel. Les visiteurs peuvent également opter pour la balade commentée à vélo les jeudis matins avec pauses dégustations face à le mer ou dans les vignes, et et celle à cheval, le long des parcelles, en fonction des marées avec dégustation aux écuries au retour. L’occasion d’apprendre que l’implantation des vignes dans l’île de date pas d’hier mais de l’arrivée des moines cisterciens au 13e siècle à l’abbaye des Chateliers de La Flotte. Que les bâtiments de la distillerie n’ont pas brulé mais que les vapeurs d’alcool nourrissent un champignon microscopique, le torula, qui noircit les murs. Que le pineau des Charentes, mélange d’un quart d’eau-de-vie de cognac et trois-quarts de moûts de raisin, vieillit ici dans des foudres cinquantenaires, 2 ans pour les rouges, trois pour les blancs. Qu’un hectare de vigne équivaut à 4-5000 pieds soit la surface d’un terrain de foot…

La cave rhétaise sous la direction de Christophe Barthère a d’ores et déjà décroché le label Qualité Tourisme, « une reconnaissance qui va nous aider à sensibiliser les offices de tourismes et à créer un réseau de partenaires notamment hôteliers » comme avec l’’Auberge Paysanne de la mer à Saint-Martin-en-Ré ou le Richelieu, hôtel-restaurant 5 étoiles à La Flotte qui vient d’être entièrement restauré.