Suite au rapport remis au gouvernement par le Pr Reynaud sur « Les stratégies validées de réduction des dommages liés aux addictions », préconisant notamment une restriction de la promotion du vin sur le web et les réseaux sociaux, une pétition a été mise en ligne pour « sauver le droit d’expression de nos vignerons ».

Quand la « gouglousphère » se mobilise… Le rapport remis par le psychiatre et addictologue Michel Reynaud (hôpital Paul Brousse) à la MILDT (Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie) portant sur « Les stratégies validées de réduction des dommages liés aux addictions » (téléchargeable en cliquant sur ce lien) préconise un certain nombre de mesures pour lutter contre l’addiction. Sous la bannière de l’alcool, désigné comme la première source d’addiction en France (avant l’héroïne, la cocaïne, le tabac, le cannabis), le rapport met dans le même sac les spiritueux et le vin, et conseille entre autres, pour limiter les dégâts qui seraient liés à leur consommation, d’augmenter les taxes sur ces produits (une idée décidément dans l’air du temps) et surtout de ne plus autoriser leur promotion sur Internet.

En réaction à ce rapport et aux conséquences qu’il pourrait avoir sur la communication autour du vin sur le web, s’est immédiatement créée une initiative, « Touche pas à mon vigneron », assortie d’une pétition en ligne adressée au ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll, d’une page Facebook et d’un compte Twitter. Plusieurs blogueurs se sont également emparés de l’affaire et ont relayé l’information, comme ici et ici.

Le texte accompagnant la pétition s’indigne tout d’abord de la confusion faite entre vin et alcool, qui nie « la dimension culturelle et économique, mais également civilisationnelle, qu’a le vin dans notre pays ». Il souligne aussi que « ramener tout un pan de notre culture et de notre économie à des dealeurs d’alcool c’est aussi nier à nos vignerons le droit d’être fiers de leur travail et de leur engagement ». Il conclut surtout en rappelant que « couper le vin d’un accès à internet et aux réseaux sociaux, c’est placer la viticulture française en position de déséquilibre économique face à nos partenaires européens et empêcher une concurrence loyale entre eux […] Nous tenons à rappeler que nous nous élevons contre les comportements de consommation excessive mais que bâillonner à toute force c’est aussi empêcher les messages sur le bien boire, la consommation modérée et raisonnable ».

Déjà plus de 1070 personnes ont signé la pétition. Pour en savoir plus, cliquez ici.