Ci-dessus : Béhuard en Savennières (photo I. Bachelard)
Ci-dessus : Béhuard en Savennières (photo I. Bachelard)

Entre 2015 et 2020, les investissements dans le vignoble du Val de Loire se sont accélérés. Une étude menée par InterLoire et Vinea Transaction montre le dynamisme de cette région et son attractivité durable en dépit du contexte sanitaire.

Depuis 2019, les transactions viticoles dans la Vallée de la Loire ont connu une croissance aigüe, entre 30 et 40%. Alors que la moyenne était d’une dizaine de ventes annuelles il y a dix ans, on comptabilise désormais entre 15 et 20 transactions.

Une enquête a été menée en 2021 pour l’interprofession du Val de Loire par Vinea Transaction, agence spécialisée forte de trente ans d’expérience, qui a croisé son propre observatoire avec toutes les données disponibles officiellement, comme les SAFER et la chambre de notaires. En France, environ 2% des 700 000 hectares de vignes changent de main chaque année. L’enquête n’est pas parfaitement exhaustive car lui échappent les petites parcelles de vignes qui se cèdent régulièrement entre voisins. Mais elle montre un beau dynamisme pour l’ensemble du vignoble ligérien, en contraste avec le reste de la France, en particulier Bordeaux et les vignobles méditerranéens, où les transactions ont cessé de croître depuis deux ans.

Investisseurs français à 88%

Le vignoble de la vallée de la Loire séduit à 88% les investisseurs français. Ils sont même en majorité issus de la région : 66% d’entre eux proviennent du Val de Loire et sont naturellement sensibilisés aux atouts spécifiques de leur région viticole. Le marché séduit les gens du vin et suscite des vocations. L’étude montre qu’il y a quatre familles d’investisseurs, mais que la majorité d’entre eux (88%) sont très sérieusement intéressés par le sujet du vin : 35% sont de jeunes vignerons qui commencent le projet d’une vie entière, 35% sont des néo-vignerons, des personnes venues d’autres mondes, qui entament une reconversion professionnelle après avoir été commerçants, cadres d’entreprise ou sportifs de haut niveau ; il y a aussi des vignerons en place (18%) qui développent leur entreprise pour optimiser les charges ou permettre à terme une transmission rationnelle. Seuls 12% sont ce qu’on pourrait appeler de purs investisseurs, qui recherchent une transmission ou une optimisation fiscale.

Un vignoble très abordable

“L’hectare est presque accessible au commun des mortels” souligne Alain Paineau, qui exerce depuis Saumur pour Vinea Transaction. En effet, le prix moyen des vignes se situe à 20 000 €/ha et le ticket d’entrée moyen pour devenir exploitant en pays de Loire est à 1,5 M d’euros, loin des sommets de nombreux vignobles, français ou étrangers. Le marché qui n’a jamais connu de réelles spéculations se révèle très prometteur dans un contexte où la valeur du foncier ne peut que progresser dans les années à venir.

Quels sont les points qui séduisent les investisseurs en Val de Loire ? La viabilité économique, le coût de l’habitat raisonnable (pas de château ou de mas luxueux), le ticket d’entrée relativement faible, le climat (pas besoin d’irrigation), le contexte écologique (26% des exploitations sont engagés dans une certification environnementale) le cadre de vie (la douceur angevine célébrée par Joachim du Bellay). Et bien sûr la qualité et la réputation des vins. Les sauvignons de Touraine qui raflent les médailles ont suscité un grand intérêt. Aujourd’hui, le cépage chenin blanc et les terroirs des crus de Muscadet ont le vent en poupe.