Les vendanges manuelles sont déjà obligatoires en Champagne ou en Beaujolais. La Bourgogne s’interroge.

Les propriétaires de cinq monopoles des Côtes de Nuits* ont demandé la modification unilatérale de leurs cahiers des charges pour y ajouter l’interdiction de l’usage de machine à vendanger dans leurs domaines. Si les domaines à l’origine de cette requête pratiquent déjà des vendanges exclusivement manuelles, leur initiative se veut être l’amorce d’une interdiction des machines à vendanger généralisée à l’ensemble des Grands Crus de Bourgogne pour 2014.

Depuis leur apparition dans les vignobles français dans les années 1970, la mauvaise réputation qualitative des vendangeuses mécaniques perdure. L’Institut Français de la vigne et du vin (IFV) constate pourtant que bien maîtrisée et préparée (aussi bien au vignoble qu’en cave) la vendange en machine donne d’aussi bons résultats que la vendange manuelle. Elle n’est cependant pas forcément adaptable à toutes les situations. Les fortes pentes (communes dans le vignoble bourguigon) ne leur réussissent pas, comme la sensibilité de certains cépages au traitement mécanique (c’est le cas du pinot noir). Comme pour tout travail effectué en tracteur, les risques de tassement et de dégradation des sols doivent être pris en compte. Actuellement, les seuls vignobles français à interdire par décret de l’INAO l’utilisation généralisée des machines à vendanger sont ceux spécialisés dans les effervescents (Champagne, Limoux…) et la macération carbonique (Beaujolais). Les vendanges manuelles sont également obligatoires pour des appellations pratiquant des tries précises (Sauternes, Jurançon, …).

* : Ces crus prestigieux sont situés sur les terroirs de Vosne-Romanée (La Tâche, La Romanée, Romanée-Conti, La Grande Rue) et de Morey-Saint-Denis (Clos-de-Tart).