(Photos F. Hermine)
(Photos F. Hermine)

Entre Vienne et Valence, on s’enthousiasme pour le millésime 2017 avec de surcroît peu de pertes de volumes.

Dans le Rhône Nord, on est plutôt heureux du millésime 2017 mais on n’ose pas le dire trop fort, par égard pour le Rhône Sud qui a souffert davantage. « En Côte Rôtie et Condrieu, il n’y a quasiment pas de pertes, reconnaît Philippe Guigal, contrairement a Châteauneuf du Pape qui va sans doute enregistrer 40-45% de volumes en moins ». Même constat chez Pierre Gaillard ravi du « niveau qualitatif sans pourriture, même si les volumes seront plutôt faibles sur le viognier, un peu plus importants pour les marsannes et roussannes ». Seules quelques parcelles isolées ont souffert du gel mais à la marge. Chez Vidal Fleury, Guy Sarton du Jonchay estime « 2017 hors norme, comparable à 2015 même si on aura un peu moins de structure mais les vins promettent d’être plus intéressants en termes de capacité d’élevage, avec moins de tanins qu’en 2015 et plus d’acidité. Et comme on aime les élevages longs, nous sommes plutôt optimistes ». Il estime les pertes en volume à environ 5%, plutôt 15-20% sur Crozes-Hermitage avec des zones plus irrégulières.

Au global, les vendanges ont été plutôt concentrées avec un joli état sanitaire et une météo favorable. Nicolas Perrin se félicite même d’un « magnifique mois de septembre qui a permis de récolter sereinement en patientant pour atteindre notre perfection. Les blancs sont arrivés à maturité rapidement et les crozes-hermitage blancs ont été coupés dès le 1er et 2 septembre ; il a fallu patienter plus longtemps pour les Hermitage et les Condrieu (entre le 5 et le 13 septembre) pour atteindre la maturité désirée. Pour les raisins rouges annoncés très précoces, les vendanges dans la plaine de Crozes n’ont finalement commencé ‘que’ le 18 Septembre. Crozes-Hermitage, Saint Joseph et Cornas sont arrivés en même temps (entre le 18 et le 22), ce qui a nécessité d’être réactifs et organisés afin d’avoir des équipes sur différentes parcelles ». Nicolas Perrin annonce déjà un millésime d’exception pour Hermitage, d’une rare complexité pour les Cornas, avec la profondeur des 2015 ainsi que le caractère solaire mais équilibré des 2016 marqués par l’élégance et la souplesse pour les crozes et les saint-joseph. Le viognier qui n’aime pas le stress hydrique sera plus délicat à équilibrer, sans doute avec de longues vinifications.

A la cave de Tain, Xavier Gomard s’enthousiasme des belles maturités et d’un état sanitaire incroyable dans le vignoble de Crozes Hermitage : « On a pu ainsi prendre tout notre temps pour vendanger et on a commencé le 30 août par les raisins pour les vins de base du Saint-Péray et on a terminé fin septembre. Finalement la sécheresse a peu touché le vignoble, le travail régulier des sols permettant de mieux résister, et nous n’avons pas subi de blocage de maturité, mais les raisins sont parfois un peu confits ». Seule une zone très localisé a grêlé fin juillet sur Saint-Joseph au nord de Tournon. Ce bel état sanitaire a même permis à la cave de lancer une cuvée sans sulfite après deux ans d’essai. « Les blancs sont surprenants et très aromatiques malgré une année chaude ; c’est une belle surprise, analyse Daniel Brissot, responsable du vignoble de la cave de Tain. Les rouges, même si nous enregistrons une baisse des volumes de l’ordre de 20% par rapport à 2016, vont profiter des belles maturités mais contrairement à 2009 et 2015, ils n’auront pas de tanins trop agressifs. Ce sera vraiment un grand millésime ! »