Dans le cadre du salon Vinexpo / Wine Paris, la maison de champagne Ruinart vient d’annoncer le lancement d’un nouveau packaging pour ses cuvées R, R Millésimé, Rosé et Blanc de Blancs. Fruit de plus de deux ans de recherche et développement, l’étui remplacera les coffrets existants de la maison.

Dans la foulée des orientations en faveur du développement durable présentées hier par Philippe Schaus, Président-directeur général de Moët Hennessy, la maison Ruinart, marque de champagne emblématique du groupe, vient d’annoncer à Vinexpo / Wine Paris une petite révolution en matière de packaging. Dès la fin de l’année 2020, il n’y aura plus d’étuis pour les cuvées R, R Millésimé, Rosé et Blanc de Blancs ; ils seront remplacés par une enveloppe éco-conçue, zéro plastique, 100% recyclable, fruit de deux ans de recherche et développement. Cette enveloppe dont la forme s’adapte à celle, singulière, des bouteilles de Ruinart se veut “un écrin innovant et éco-responsable ultra-léger, issu de fibres naturelles de bois provenant de forêts européennes éco-gérées, facilement et intégralement recyclable. […] Son touché brut est une évocation raffinée des Crayères, caves historiques de la Maison, classées au patrimoine mondial de l’UNESCO”, précise un communiqué. Outre la dimension environnementale, cet écrin permettra de protéger les bouteilles de Ruinart contre le fameux “goût de lumière” qui menace l’équilibre du champagne*.

Il aura fallu sept prototypes avant de parvenir à cet étui qui est 9 fois plus léger et réduit de 60% l’empreinte carbone par rapport à l’actuelle génération de coffrets Ruinart. Le version finale sera officiellement présentée au salon VIVATECH en juin prochain à Paris et progressivement mise en marché en Europe de l’Ouest à partir du 4ème trimestre 2020.

Le mot de la fin revient à Frédéric Dufour, Président de la Maison Ruinart : “avec cet étui seconde peau, la Maison Ruinart confirme son rôle pionnier en Champagne, et son ambition en termes de responsabilité sociale et environnementale. Ce projet disruptif incarne en termes de packaging notre engagement pour un développement plus durable sur l’ensemble des étapes d’élaboration et de commercialisation de nos produits, depuis la conduite de la vigne jusqu’à l’expérience de consommation”.

* Mal connu, le “goût de lumière” est un défaut qui peut affecter certains vins sensibles comme les effervescents ou certains vins rosés, lorsqu’ils sont conditionnés en bouteille blanche et exposés à une lumière intense. Sous l’effet des longueurs d’onde bleues du spectre visible, La riboflavine (vitamine B2 contenue dans le vin) peut parfois voir sa structure modifiée et engendrer à son tour des phénomènes d’oxydo-réduction sur d’autres composants du vin, notamment les arômes. Le phénomène est très rapide (quelques minutes à peine quand sur la terrasse en plein soleil !) Il dépend de la température, de l’intensité lumineuse, de l’épaisseur du verre, etc.
Dans la grande majorité des cas, le “goût de lumière” se traduit par une perte du fruité ou des arômes moins voire beaucoup moins présents, surtout sur les vins délicats. Dans certains cas extrêmes, le fruité est remplacé par des notes végétales (asperge, petit pois, chou). Le problème ne se produit que pour les bouteilles blanches, les verres teintés (couleur verte, antique, feuille morte…) réalisant une barrière efficace aux longueurs d’ondes incriminées.
Sensibilisés, les Champenois étudient le phénomène depuis la fin des années 80. En travaillant les éclairages dans les caves, les chaînes d’habillage, les zones de stockage, ils ont peu à peu réussi à supprimer les risques de la chaîne de production. Le problème, en revanche, persiste dans les lieux de distribution (vitrine du caviste, rayon de supermarché) ou chez le consommateur, dans le verre au soleil.
Certaines cuvées de prestige (Cristal Roederer, Amour de Deutz) sont emballées dans un film jaune imperméable à ces longueurs d’onde
La “nouvelle peau” de Ruinart s’inscrit également dans cette démarche
(J.W.B.)