Parmi les soirées off très attendues de Vinisud, la « G-Night » (entendez « Nuit du Grenache »), hier soir a rassemblé 30 vignerons et 300 fans de grenache, au Grand Bazar de Montpellier, place de la Comédie. Lancées en 2010 après le premier symposium du grenache, les G-Nights sont devenues de véritables rendez-vous de passionnés « curieux de découvrir de nouvelles choses mais qui veulent aussi se détendre. Ça tombe bien, parce que le grenache, c’est fun », plaisante Marlène Angelloz, la joyeuse organisatrice de ces rendez-vous.

« La Grenache-Association s’est lancée car un constat était inquiétant. Les surfaces de grenache dans le monde entier sont très grandes, mais ce cépage reste pourtant moins connu que des cépages comme le cabernet sauvignon, ou même la syrah. » Le grenache, blanc, gris ou noir, appelé aussi canonao, granacha ou navarra, est historiquement très présent en France, en Italie et en Espagne, mais se trouve aussi partout ailleurs dans le monde. Très sensible à la coulure dans les vignes et à l’oxydation pendant la vinification, ce cépage capricieux, selon son implantation peut aussi donner des degrés alcooliques élevés et trop productif. « Il faut être un passionné de ce cépage pour bien le travailler et le garder, car il nécessite des soins de chaque instant. Souvent, il est assemblé pour faire des vins d’appellations et donne une texture et une aromatique que les gens adorent, sans qu’ils le reconnaissent pour autant. C’est pour ça qu’il faut le faire connaître plus, et mieux », explique Marlène, la « grenachista » engagée, comme l’indique l’inscription de son tee-shirt et le badge accroché à sa veste. « Après le lancement des Grenache Day, chaque troisième vendredi de septembre, il nous fallait des rendez-vous, en marge des gros salons, afin que les vignerons puissent venir facilement et que les professionnels aient un endroit où déguster et apprécier l’ambiance ». Désacralisée, en musique et avec une bonne dose de bonne humeur, la dégustation était riche en découvertes, au fil des terroirs et des pays. Voici quatre pépites de grenaches à goûter de toute urgence.

Julien Ditté est catalan de cœur, Olivier Cazenave, lui, propriétaire bordelais. C’est dans le Roussillon qu’ils ont décidé de lancer leur aventure. Amistat blanc, c’est un mélange de vieilles vignes de grenache blanc, grenache gris et maccabeu conplantés et vinifiés ensemble. Amistat Rouge, des vieilles vignes de grenache noir de 80 ans, « qui n’ont jamais été désherbées », précise Olivier. Les vins sont purs, explosifs de fruits et rafraîchissants. Passionnés de grenache, ils le sont, aucun doute.

Au Clos de Trias, les grenaches, c’est une religion pour Even Bakke, membre depuis le départ de la Grenache-Association. Dans la cuvée Vieilles Vignes 2007, les jus ont été élevés pendant… 6 ans ! Une expérience de cet œnologue californien, installé au pied du mont Ventoux depuis 2007 et en culture bio et biodynamique depuis peu.

Le trio infernal est né de la volonté de trois amis vignerons de s’installer dans le Priorat, en Catalogne espagnole. Peter Fischer, Laurent Combien et Jean-Michel Gérin réalisent « El Casot », un 100% grenache aux tanins délicats et veloutés. Avec un morceau de jambon de Bellota, bonheur assuré.

Vieux, les grenaches du domaine Henry ! Plantées en 1920 et en 1947, les vieux grenaches de la cuvée Villafranchien évoluent sur un sol de silices et de cailloux rapprochés sur le terroir de Saint-Georges d’Orques, assurant un drainage du sol idéal. « J’élève ce vin pendant 15 mois, mais sans bois. Tout en cuve inox », explique le vigneron. Une dentelle aérienne qui nous emporte très loin, une faille temporelle en somme. A découvrir absolument sur leur stand Vinisud Hall A6 A31.

Laure Goy

Rendez-vous à la prochaine G-Night à Barcelone, en marge du Salon Alimentaria le 1er avril prochain. Toutes les informations sont sur www.grenache-association.com, sur Facebook et Twitter.