Propriétaire du Château de Saint Cosme à Gigondas et négociant, Louis Barruol a fait l’acquisition du Château de Rouanne à Vinsobres.

« C’est un joli domaine de 62 hectares d’un seul tenant, chose très rare. Il y a 42 hectares de vignes en appellation Vinsobres, 14 en Côtes du Rhône et 8 en IGP Méditerranée « Comté de Grignan ». Ces derniers sont sur des sols calcaires, idéaux pour vinifier un brut nature, un effervescent sec traditionnellement réalisé sur ce secteur. C’est un grand terroir, avec de superbes argiles rouges du Pliocène apportant de la texture, de la complexité, un haut pédigree ! », explique le nouveau propriétaire.

Cela fait plusieurs années qu’il se fournit au château pour sa partie négoce. Il dit avoir toujours aimé la configuration et l’âme des lieux. Au moment de la mise en vente, les propriétaires lui ont proposé l’affaire. Difficile de laisser passer « ce terroir étonnant capable de fulgurances ». Le vigneron décide de jouer la carte du Cru Vinsobres, « qui bénéficie d’une géologie de premier ordre et d’un climat frais », afin de faire de grands vins. Pour cela, il peut compter sur des vieilles vignes issues de sélections massales, certifiées AB en 2022, qu’il travaille avec les principes de la biodynamie, sans silice.

Quand au château, il est situé sur un ancien site gallo-romain, un domaine agricole dont le propriétaire « Rouanne », aurait eu un ancêtre dénommé « Rugius ». Les Seigneurs de Vérone en furent détenteurs à l’époque médiévale et jusqu’à la révolution où il fut brûlé. Reconstruit en 1830, il est de belle facture. Pour sa seconde vie, il sera certainement transformé en chambres d’hôtes haut de gamme d’ici quelques années. Entouré de bois, d’oliviers et de truffières, sa vocation est toute trouvée.

Parmi les trois cuvées 2019, en AOC Vinsobres, la cuvée « Rouanne et les Crottes » (40€) est un assemblage de grenache à 70% et syrah à 30%. Quetsche, cassis et cerise ouvrent la scénographie. La maturité des fruits déploie du croquant, de la densité et de la complexité. Le vin est porté par la finesse d’un élevage de 12 mois en fûts, totalement maîtrisé, donnant juste un léger moka. Encore jeunes, les tanins s’arrondiront. Un grand moment de dégustation !

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