Le Week-End des Grands Crus qui s’ouvre vendredi prochain à Bordeaux a un parfum de retour à la vie normale. Pour cette 15ème édition, Ronan Laborde, le président du l’Union des Grands Crus, délivre à Terre de Vins l’enjeu de cet événement et prend plus largement le pouls de l’économie vinicole du Port de la Lune.

Le Week-End prochain sera celui des Grands Crus, en quoi cet événement a-t-il une saveur particulière ?
C’est un événement exceptionnel à plusieurs titres. D’abord, ce seront nos retrouvailles avec les passionnés de Grands Crus, deux ans après le précédent événement en 2019. C’est aussi la 15ème édition du Week-End des Grands Crus, et pour célébrer celle-ci, nous avons mis en place une scénographie et des animations originales. Enfin, nous présenterons le très beau millésime 2018, lors de la Grande Dégustation du samedi, au Hangar 14 à Bordeaux.

Quel est le format de cet événement ?
C’est un Week-End « à la carte ». Des événements sont proposés tous les jours, du vendredi au dimanche. Le vendredi et le samedi, il y a des dîners dans plusieurs châteaux, simultanément. Le samedi se tient la Grande Dégustation qui réunit plus de 100 Grands Crus, présentés par les producteurs. Enfin le dimanche, se déroule un tournoi de golf, et des circuits dans le vignoble, comprenant visites et dégustations dans les Châteaux.

De votre poste, vous devez recevoir pal mal de doléances, quel est le moral au sein des Grands Crus Classés de Bordeaux et, à titre personnel, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Le moral de nos membres est bon. Les épreuves vécues ces derniers mois nous ont rapproché de nos amis, de nos terres et des choses importantes de la vie, notamment les grands vins ! De cette expérience collective, nous tirons des enseignements pour l’avenir qui nous rendent optimistes.

En tant que président de l’Union, sans doute avez-vous un avis sur la sortie des Châteaux Cheval Blanc et Ausone du classement de Saint-Emilion, qu’en pensez-vous et quelles peuvent-elles les conséquences ?
Le principe d’établir un classement à caractère officiel, revu régulièrement, est vertueux. Il est extrêmement stimulant pour les producteurs, qui déploient énormément d’énergie pour s’améliorer constamment. Il offre aussi de bons repères pour les consommateurs. A Bordeaux, dans plusieurs régions, les viticulteurs se sont inscrits largement dans cette démarche, et c’est remarquable. Mais dans un monde hyper médiatisé, et sans doute plus individualiste, ça devient compliqué de rassembler et de faire l’unanimité. Le dernier classement de Saint-Emilion, en 2012, a été très commenté et chahuté après sa publication. Pour celui de 2022, cela commence avant, malheureusement. La non-participation de ces deux icônes interpelle et érode le caractère sacré et exhaustif de ce classement. Leur mouvement amènera, sans doute, les instances à revoir certains critères, mais relevons quand même l’engagement de tous les autres grands producteurs pour ce classement.

Quels sont les prochains rendez-vous de l’Union ?
Il y en a beaucoup, car nous nous déployons sur 3 types d’actions : l’événementiel, la formation et la communication digitale. Après le Week-End des Grands Crus, nous effectuerons des présentations du millésime 2019, auprès des professionnels, à Bordeaux, en Europe, puis en Asie. Côté formation, nous poursuivrons nos tournées au sein des écoles hôtelières, pour rencontrer les futurs sommeliers. Par ailleurs, nous allons certifier, avec l’ISVV (Institut des Sciences de la Vigne et du Vin), la 3ème Promotion de Parcours Grands Crus, qui est une formation spécifique pour la dégustation et la connaissance des Grands Crus. Enfin, nous enrichissons régulièrement notre magazine numérique Vintage avec des articles, des photos et des vidéos.

Week-end des Grands Crus, du 17 au 19 septembre.
Tout le programme sur www.ugcb.net/fr/le-weekend-des-grands-crus-2021