(Photos Isabelle Bachelard)
(Photos Isabelle Bachelard)

L’alliance Wine Origins était à Vinexpo New York début mars pour présenter ses vins et ses ambitions : protéger le consommateur comme le producteur des étiquettes frauduleuses.

Faire connaître et respecter les lieux où naissent les grands vins, telle est l’ambition de l’alliance Wine Origins, une association internationale fondée en 2005 par cinq vignobles, les trois « ancêtres » européens Champagne, Porto et Xérès et les deux piliers américains Napa et Oregon.

Aujourd’hui, 23 régions viticoles ont rejoint le cercle, dont plusieurs de France, d’Europe, d’Amérique du nord et d’Australie. A l’occasion du salon professionnel Vinexpo à New York, elles ont présenté les résultats d’un sondage effectué aux Etats-Unis en début d’année sur 800 consommateurs de vin. Celui-ci montre que 36% d’entre eux avouent avoir été induits en erreur par une étiquette incorrecte ou frauduleuse. Ils sont 94% à souhaiter une réglementation mondiale sur l’origine des raisins et des vins.

Une loi pour lutter contre la fraude

Malgré des législations nationales ou européennes comme les « American viticultural areas » (240 AVA aux Etats-Unis) ou les « appellations d’origine protégée » (AOP, ex AOC), la fraude est courante et souvent impunie, alors que le public réclame une information fiable et une vraie transparence. « Les consommateurs sont de plus en plus nombreux à demander des étiquettes claires et exactes. Nos lois actuelles ne sont pas suffisantes pour protéger et informer le consommateur » précise Anthony Sannino, président de l’association des producteurs de Long Island. Le lendemain de Vinexpo, une délégation de Wine Origins se rendait à Washington pour demander au Congrès une loi qui empêche l’étiquetage trompeur.

« Location matters »

L’alliance Wine Origins s’est dotée d’un slogan clair – « Wine origins, location matters » – hélas intraduisible de façon aussi concise. Ces quatre mots résument l’ambition de l’association, prouver que pour le vin, le lieu d’origine compte plus que tout, avant le cépage et le mode de vinification ou d’élevage. Il se passera encore un peu de temps avant que les faux champagnes, les chablis russes et les napas indiens disparaissent. Mais Allan Sichel, président de l’interprofession bordelaise a bon espoir : « Bien que que nous (producteurs) soyons en compétition sur le marché international, un consensus s’établit dès que le nom d’un de nos vignobles est mal utilisé, car cela nuit à la crédibilité du monde du vin dans son ensemble et sème le trouble chez le consommateur ».