Philippe Laquèche, directeur général du négociant bordelais Yvon Mau (voir photo ci-dessous), nous présente sa nouvelle gamme « Révélations » élaborée en étroite collaboration avec Hubert de Boüard, célèbre œnologue-conseil et propriétaire du prestigieux château Angelus. Interview.

Vous venez de présenter la collection « Révélations d’Hubert de Boüard » (cliquez ici pour découvrir la gamme). Quelle philosophie a présidé à la création de cette nouvelle gamme ?
Précurseur, la Maison Yvon Mau s’inscrit dans une démarche unique de revalorisation de la catégorie « Châteaux » pour donner naissance à des collections originales, répondant parfaitement aux nouvelles attentes des consommateurs. Notre volonté : rendre l’offre bordeaux plus compréhensible et lisible, sans sacrifier l’authenticité de la démarche viticole.

Cette gamme se compose de Bordeaux et de Bordeaux supérieurs. Est-ce un moyen pour vous de redonner leurs lettres de noblesse aux « petits Bordeaux » ?

Les Bordeaux et Bordeaux supérieurs représentent la majeure partie de la production bordelaise et recèlent beaucoup de jolis terroirs méconnus dont la recherche a donné lieu à la sélection de la gamme. Démonstration que l’on peut, sur des appellations moins prestigieuses, obtenir des vins de très bonne qualité. Cette collection exclusive de 7 châteaux bordelais, commercialisée dans un éventail de prix compris entre 5 et 11 euros, a ainsi pour ambition de rendre accessibles au plus grand nombre des vins de Bordeaux de qualité aux terroirs sublimés.

Ces deux appellations souffrent d’un déficit chronique de notoriété et connaissent des problèmes récurrents de débouchés commerciaux. Sans l’association avec des personnalités du Bordelais, point de salut pour ces appellations ?
Non. La preuve en est qu’Yvon Mau, en tant que négociant, commercialise des centaines de milliers de bouteilles sur les appellations Bordeaux et Bordeaux Supérieur. Parmi elles, ces « Révélations » seront distribuées dans la grande distribution (à l’exception du Château de Seglady) et à l’export.

Après les médailles et les labels, la mise en avant d’œnologue-conseil est-elle la nouvelle forme de caution qualitative pour les consommateurs ?
L’intérêt de l’intervention d’un œnologue-conseil réside dans son implication totale dans l’élaboration du vin, en termes de suivi des récoltes, de dates de vendanges et d’assemblages. Nous étions déjà en relation avec Hubert de Boüard pour le suivi des grands vins. C’est au travers d’une discussion que l’idée de collaboration est née. Le choix s’est porté sur Hubert de Boüard pour sa volonté à contribuer à la valorisation de Bordeaux. Mais aussi pour ses qualités de vinificateur démontrées avec le château Angélus et en tant que conseil sur de nombreux domaines en France et à l’étranger. Et bien sûr, pour le plaisir de travailler ensemble. Nous avons pour but de construire la gamme « Révélations d’Hubert de Boüard » dans le temps et d’en développer le volume.

Pensez-vous que les œnologues-conseil (Stéphane Derenoncourt, Michel Rolland, Hubert de Boüard, etc.) soient devenus les nouvelles stars de Bordeaux ?
Non, la star de Bordeaux c’est Bordeaux mais ces œnologues-conseil contribuent à faire avancer Bordeaux au même titre que les initiatives portées par des viticulteurs.

Propos recueillis par Jean-Michel Brouard

PHILIPPE LAQUECHE