(Photo JM Brouard)
(Photo JM Brouard)

La célèbre maison beaunoise vient de dévoiler ses bourgognes blancs sur un millésime réputé davantage pour ses rouges. Avec à la clé, une belle démonstration d’élégance !

Certains millésimes semblent davantage bénis des dieux que d’autres. 2015 fait partie de ceux qui auront laissé un peu de répit aux vignerons. La sécheresse a évidemment joué un rôle important en limitant très fortement la pression des maladies cryptogamiques. Quelques pluies salvatrices en juillet et en août ont quant à elles permis de parfaire la maturité des raisins tout en maintenant un très bon niveau d’acidité, gage de fraîcheur. In fine, les rouges sont absolument superbes, riches et mûrs à l’image du Volnay Les Caillerets ancienne cuvée Carnot premier cru domaine 2015 (50 €) ou du Nuits-Saint-Georges Les Cailles premier cru domaine 2015 (66,90 €). Au point d’éclipser quelque peu des blancs dont on pouvait initialement craindre une pointe de lourdeur due à une richesse excessive.

D’où l’excellente surprise à la dégustation des blancs de chez Bouchard qui montrent une très belle tenue et une rondeur charmeuse mais non dénuée de finesse. Le Beaune du château premier cru 2015 (26,50€) dévoile un volume large plein d’éclat derrière un nez pourtant discret. Une très belle entrée en matière avant l’immense Meursault perrières premier cru 2015 (61,90€) à la complexité étourdissante (tilleul, menthol, fleurs blanches, pointe miellée). Un prélude à une bouche serrée, droite et digne, très puissante mais contenue. Sans parler du Chevalier-Montrachet la cabotte grand cru 2015, forcément inaccessible (215€) mais tellement aristocratique avec son élevage parfaitement maîtrisé et une longueur incroyable qui ne semble jamais vouloir se tarir.

Une marche permanente vers la qualité

A la tête de la holding familiale qui détient notamment les champagnes Henriot et le domaine William Fèvre à Chablis, Gilles de Larouzière rappelle que « les ambitions sont élevées concernant Bouchard », autre actif du groupe. Les investissements sont en effet nombreux pour porter toujours plus haut ce fleuron bourguignon, bien connu du grand public grâce à une activité de négoce qui lui permet de compléter la production des 130 hectares en propriété. Une cuverie très moderne installée à Savigny-les-Beaune autorise désormais une vinification parcellaire voire infra-parcellaire ce qui garantit une expression millimétrée des différents terroirs. A la vigne, un large programme d’arrachage étalé jusqu’en 2040 va conduire à une diminution de l’âge moyen des vignes de 45 à 35 ans et ainsi pérenniser leur vigueur et leur qualité. A cela s’ajoute une incursion progressive vers le bio avec la conversion déjà engagée de vignes sur plusieurs climats. En somme, un vent frais souffle depuis quelques années sur ce roc beaunois, lui offrant un avenir plein de promesses.