L’édition 2018 de Bien Boire en Beaujolais a été l’occasion de confirmer les coups de cœur des années précédentes, mais aussi de découvrir de nouvelles pépites.

Le salon réservé aux professionnels a été réparti sur trois lieux, comme les autres années, avec un petit nouveau : le Château de Corcelles, qui hébergeait les Gamays Chics (le Château de Pizay abritait la Biojolaise et Beaujol’Art, et au château des Ravatys s’étaient retrouvés Beaujol’All’Wines et la Beaujoloise).

Découvertes du et au Château de Corcelles

Certaines propriétés des Gamays Chics sont des grands noms du Beaujolais, qu’il n’est plus nécessaire de présenter et qui entraient en parfaite résonnance avec le nom de leur association, à l’image du Château des Jacques, dont la qualité, quel que soit le millésime, est toujours au rendez-vous, ou encore le Château du Moulin-à-Vent.

Coup de cœur pour le domaine Striffling, dirigé par Guillaume depuis 2012, à la suite de son père (qui a activement participé à la création de l’appellation Régnié en 1988), produisant du Régnié, Morgon et Beaujolais blanc, avec pour chaque appellation une cuvée traditionnelle, et une cuvée nature, ainsi qu’un crémant de bourgogne. Le chardonnay 2016 est très bien fait avec une jolie structure, l’attaque est fraîche puis la douceur arrive en milieu de bouche : un super rapport qualité/prix pour 7,70€.
Un peu plus onéreux (15€) mais qui en vaut vraiment la peine : la cuvée « granit n°17 » (disponible au mois de mai, et qui changera de numéro en fonction des millésimes). Pêche, poire, minéralité, tension, gras, rondeur : tout y est, et se prolonge longtemps en bouche. La différence entre les deux cuvées réside dans la vinification, où l’approche biodynamique et nature sont conjuguées (levures indigènes, travail en cave en fonction des lunes…).

Même coup de cœur pour le Morgon travaillé de la même manière, « Les Charmes », en 2016 (16,50€) : égrappage, macération de 15 à 22 jours, non filtré et prise en compte des cycles lunaires, et issu de vieilles vignes de 80 ans sur des schistes : le fruit est croquant, la cerise marquée mais très bien équilibrée avec le côté poivré. Attention, cette cuvée reste assez confidentielle (750 bouteilles) !
Belle découverte également chez Maxime Troncy, au domaine de la Ricottière, qui produit un joli gamaret (fils du gamay et du reichensteiner, né en Suisse en 1970), qui se livre sur de très jolis fruits rouges auréolé d’une délicate pivoine, et qui conserve une bonne tension en bouche avec une finale un peu asséchante sur le 2016, à conserver encore de côté quelques temps avant de se faire pleinement plaisir avec.
Le Moulin-à-Vent « Chassignol » est déjà abouti et peut être bu dès aujourd’hui : la gourmandise et l’élégance sont réunies dans cette très jolie cuvée. Cerise, pivoine, violette, épices, pointe de menthol, sur une structure tendue et douce à la fois : pour 12€, le plaisir est grand.

Confirmations et nouvelles idylles

La Biojolaise transforme l’essai chaque année avec des très jolis jus signés Louis-Clément David-Beaupère, les Bret Brothers, le domaine des Capréoles, les frères Thillardon, Raphaël Saint-Cyr, Claire et Fabien Chasselay, Marc Delienne, et bien d’autres, dont les mérites ont déjà été vantés dans nos colonnes et qu’il ne faut pas manquer, si vous ne le connaissez pas encore.
Même chose avec Beaujol’Art et Richard Rottiers, le domaine Labruyère, le château Thivin, Mee Godard, le domaine du Nid, le château Bonnet, le domaine de la Pirolette, Dominique Piron, le domaine Louis-Claude Desvignes et le domaine de Fa.

L’édition 2018 a été l’occasion de découvrir les vins de Cédric Chignard, qui produit du Beaujolais Villages et du Fleurie. Le premier, en 2015, se distingue par son équilibre entre tension, fraîcheur et matière, offrant une très jolie longueur (environ 10€).
Son Fleurie « Les Moriers » en 2015 est fidèle aux caractéristiques du cru, et gagnera à être un peu attendu, pour que la minéralité, le bouquet de rose et la finale…fleurie se révèlent à leur maximum, ce qui est déjà le cas du 2013. La cuvée spéciale sur des vieilles vignes en Fleurie sur le millésime 2000 prouve une fois de plus que le gamay non seulement vieillit, mais vieillit bien : cette cuvée n’a rien perdu du sa tension, et la longueur s’étirant sur la fraise gourmande est plus qu’agréable.

Même son de bouteille au Clos du Fief, chez Sylvain Tête, où le Juliénas mérite d’être découvert : le terroir 100% pierres bleues produit un vin où domine un bouquet floral et où la finale poivrée délivre des tanins plus prononcés, fidèles aux Juliénas à la fois élégants mais non dénués de matière.
Si cette édition de BBB a été ponctuée de beaucoup de jolies découvertes, elle se terminera sur la dégustation du magnum du Château de Pizay en Morgon, millésime 1988, divin : sur une structure droite et tendue, la fraise s’en donne à cœur joie et se livre en absolue gourmandise, de l’attaque à la finale où elle est réhaussée par un soupçon d’épices.
Le gamay ne meurt pas, vive le gamay !