Ci-dessus : une parcelle de Château Fonroque au printemps.
Ci-dessus : une parcelle de Château Fonroque au printemps.

Lors de la semaine des primeurs à Bordeaux, le syndicat bio-dynamiste Biodyvin a connu un fier succès lors de sa présentation dans les chais du Château Fonroque, grand cru classé de Saint Emilion. Les producteurs bordelais, en dépit de leur climat atlantique, se tournent de plus en plus vers la biodynamie.

Chaque année, le Syndicat international des vignerons en culture biodynamique Biodyvin s’installe dans les chais du Château Fonroque, grand cru classé de Saint-Emilion, pour présenter à la fois ses primeurs et quelques vins à la vente. Les 10 et 11 avril dernier, les Bordelais étaient majoritaires pour la première fois avec 10 domaines sur 32, et pas seulement à cause de la proximité géographique.

Un syndicat réservé aux vignerons

Aux côtés des domaines de l’hôte Alain Moueix, Château Fonroque (Saint-Emilion grand cru classé) et Château Mazeyres (Pomerol) et de la première présidente du Syndicat Véronique Cochran de Château Falfas (Bourg) s’alignaient Château Puy Arnaud de Thierry Valette, Château Guadet, Château Jean-Faux, Château Gombaude Guillot, Château Canon-Saint Michel, Château Fougas et Château Ferrière. En ce moment, pas moins de 13 demandes d’adhésion venant de Bordeaux sont à l’étude. Un juste retour des choses, quand on sait que le syndicat Biodyvin est né de la volonté de quelques producteurs, dont la bordelaise d’adoption Véronique Cochran – qui n’est autre que la fille du précurseur ligérien François Bouchet, celui qui initia la plupart des vignerons français à la méthode bio-dynamique et ses applications à la vigne. Elle rappelle les raisons de la création de Biodyvin en 1995 : « Il existait déjà un organisme certificateur international, Demeter, mais nous ne pouvions pas en être entièrement satisfaits : il est basé sur le modèle de l’entreprise agricole en polyculture courante à l’époque du fondateur de la biodynamie Rudolf Steiner (1861-1925) dont les contraintes et le fonctionnement sont très différents de la culture spécialisée qu’est devenue la viticulture ». On imagine mal de nos jours une propriété viticole partageant sa surface entre vignes et animaux…

Une cooptation justifiée

Christine Saurel, du domaine Montirius à Vacqueyras et Gigondas (Vaucluse) explique que les dix années de présence dans le Bordelais au moment des primeurs ont porté leurs fruits : « On ne voit pas que les acheteurs, les courtiers et les journalistes. Chaque année de nombreux locaux viennent pour déguster, pour découvrir. Certains reviennent et comprennent alors, en goûtant nos vins, l’intérêt de la biodynamie et d’un syndicat spécialisé ». Il faut plusieurs visites, contrôles et dégustations avant que les portes s’ouvrent totalement à un nouveau membre. Biodyvin a su croître doucement, d’une vingtaine de membre au début des années 2000 à 135 aujourd’hui. C’est aussi un syndicat dont le côté « familial » séduit les postulants. Les membres se connaissent, se rencontrent, s’aident mutuellement. Plusieurs rendez-vous rythment l’année et encouragent la progression, en nombre comme en qualité. Après Bordeaux et Düsseldorf pour le salon Prowein, la prochaine rencontre aura lieu à Oslo.